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Londres trop extravagante pour les JO ?

Royaume-Uni / / Europe

Un week-end à Londres pour les Jeux Olympiques m’a laissée perplexe. Pourquoi dépenser autant d’argent pour imprimer autant de choses pour deux petites semaines sportives ? Et surtout quel impact sur l’écologie ?

Un panneau indicateur. © Emmanuelle Hingant

Deux semaines qui risquent de coûter cher à l’environnement

Je n’arrive pas à me rendre compte de ce que les JO peuvent représenter en termes de profit, pour les sponsors impliqués, pour la ville de Londres. Ni en termes de pertes, pour le contribuable londonien ou britannique dans son ensemble. Deux semaines de folie sportive qui donnent leur dose à tous les grands amateurs de sports en tout genre, comme moi. Mais deux semaines qui, je le crains, vont coûter très cher à l’environnement.

J’ai quand même succombé à la fièvre de Londres 2012 et le week-end dernier je suis allée dans la capitale anglaise pour assister à deux épreuves des Jeux.

Ce qui m’a le plus impressionné en arrivant à Londres, ce sont les panneaux indicateurs. Il y a des panneaux absolument partout. À Gatwick, à Victoria Station, dans le métro, dans les rues. Je pense qu’il est impossible de se perdre aux JO à Londres. Impossible avec ces panneaux roses qui décorent tous les panneaux habituels. Je me demande combien cela a coûté en impression de papier autocollant.

Gaspillage d’affiches

Par exemple dans un souterrain à côté de Hyde Park, il y a une affiche « Hyde Park » accompagnée d’une flèche tous les cinq mètres! Une affiche, qui a dû être imprimée, avec du papier, de la colle et de l’encre, tous les cinq mètres pour indiquer que Hyde Park est par là. Une affiche au début du souterrain, une affiche à une bifurcation et une affiche à la fin aurait amplement suffi à mon humble opinion. Personne ne se serait demandé en plein milieu du petit souterrain s’il allait dans la bonne direction.

Et si vous êtes déjà allés à Londres, vous vous souvenez sans doute de petits autocollants que la compagnie de métro colle sur les lignes de métro à l’intérieur des rames pour indiquer que telle ou telle station est fermée de telle à telle date. Et bien pour les JO, au lieu de coller de petits autocollants pour ajouter des infos sur les JO (par exemple: sortir à Custom House pour aller à l’ExCeL), tous les panneaux ont été réimprimés de zéro. Bonjour les économies.

Des bénévoles partout

Et tout ça pour qui surtout? Lors des quatre jours que j’ai passés à Londres, j’ai rarement été embêtée par les foules dans le métro. Le Tube est extrêmement calme en journée, mis à part bien évidemment aux abords des sites et stades olympiques où tout le monde se presse. Une place assise pratiquement garantie à chaque voyage, ce qui est du pratiquement jamais vu lors de mes précédents voyages à Londres.

Une bénévole avec l'attirail officiel des JO. © Emmanuelle Hingant

Je suis également impressionnée par le nombre de bénévoles prenant part aux JO. Un bénévole pour indiquer le chemin à quelqu’un, un bénévole pour faire traverser les rues, un bénévole par-ci, un bénévole par-là. Et je me demande le nombre d’uniformes qui ont dû être fabriqués par Adidas pour les Jeux. Les polos, casquettes, chaussures, pantalons, parapluies, cartes de Londres. J’ai l’habitude de travailler sur de grands tournois de foot et je me pose toujours la même question: combien d’argent est dépensé pour que l’on puisse se vêtir pendant seulement deux ou trois semaines et ne plus jamais porter ces vêtements de notre vie?

Une autre chose qui me subjugue, c’est le nombre de drapeaux que tout le monde agite pour soutenir son pays. Des Union Jack à ne plus quoi savoir en faire. Des drapeaux américains, quelques français, japonais, kazakhs, ukrainiens, etc. (Je ne vais quand même pas faire la liste, il y en a plus de 205…). Des drapeaux qui ont dû être produits en tissu ou imprimés. Imaginons que 15 millions de personnes (je dis n’importe quoi mais peut-être pas tant que ça) viennent à Londres pour les JO sur deux semaines. Je pense qu’on peut compter autant de drapeaux que de personnes, car certaines personnes n’en ont pas, mais d’autres en ont trois. Donc 15 millions de drapeaux imprimés ou fabriqués, dont une grande partie va finir jetée par terre dans la rue… Ça fait mal au cœur.

Voilà le sentiment avec lequel je repars de la capitale après quatre jours où j’ai quand même pu m’imprégner de la vague des Jeux Olympiques, un événement qui n’arrive sur le pas de votre porte qu’une fois dans votre vie. Dans un sens, les Parisiens ont peut-être évité une hécatombe environnementale. Seul l’avenir nous dira si Londres a parié juste.

Emmanuelle Hingant

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