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Votre Jean Slim affame-t-il le monde?

USA / / Amérique du nord

Le coton qui alimente notre appétit pour la mode peu chère et parfois presque trop rapide prend la place des cultures vivrières. Réflexion autours de la mode et des modes alimentaires.

Le monde de la consommation rapide de la mode

Rendez-vous dans un H&M, Zara, Forever 21, ou une tout autre « fast-fashion » boutique et vous verrez : des dizaines de personnes se jetant sur les bonnes affaires et remplissant leurs caddies comme s’ils achetaient des produits vitaux au supermarché. En 1985, les Américains ont acheté en moyenne 31 vêtements dans l’année. Aujourd’hui, ils en achètent environ 60 ! Soit plus d’un par semaine. Et en rentrant chez eux, ils n’ont aucun mal à faire de la place dans les placards en jetant l’équivalent de 35 kg de textile par personne, soit cinq fois plus qu’en 1970.

Pourtant le revenu moyen aux États-Unis a stagné au cours de la même période alors que les habitudes vestimentaires ont explosé. Que s’est-il passé ? Les vêtements sont devenus moins chers. Depuis les années 1990, le prix des vêtements aux États-Unis a connu une baisse régulière  (avant de se redresser un peu pendant la Grande Récession),  tiré vers le bas par les importations à bas prix provenant des usines de vêtements asiatiques approvisionnées par un coton toujours moins cher.

Pourtant les prix alimentaires  atteignent  des niveaux records, des millions de personnes souffrent de malnutrition et l’essor des biocarburants détient  une part de responsabilité importante là-dedans. Mais qu’en est-il de notre faim permanente de coton? Près de la moitié de nos vêtements sont fabriqués à partir de cette fibre duveteuse, et près de 2% des terres cultivées dans le monde lui sont consacrées.

Des cultures de coton toujours plus importantes pour une demande grandissante

La Chine et l’Inde possèdent la moitié des ressources en coton de la planète. Avez-vous entendu parler des nombreux suicides d’agriculteurs indiens dus au coton? Selon un rapport publié en 2011 par l’école de droit de New York University, ils se retrouvent coincés entre les prix élevés des semences et le prix d’achat de leur coton trop bas.

Mais la situation est encore plus désastreuse en Afrique de l’Ouest, où une très grande quantité de terres agricoles est exclusivement consacrée au coton pour l’exportation. Pourquoi les agriculteurs se sont-ils lancés dans cette production ? Selon Tom Basset, professeur de géographie dans une université de l’Illinois, c’est souvent leur seule possibilité d’avoir accès à des vivres. Les agriculteurs achètent des pesticides et des engrais grâce aux sociétés cotonnières  à crédit, avant que la saison ne démarre et utilisent ces ressources non seulement pour le coton, mais aussi pour leurs cultures vivrières. Ce système permet aux familles d’agriculteurs d’être nourries mais apporte peu au reste de l’Afrique subsaharienne qui compte quand même 800 millions d’habitants – dont un quart souffrent de malnutrition chronique.

La « slow fashion », une solution ?

Aux Etats-Unis, dans le pays de la mode jetable, rien de tout cela ne compte.  À l’ère de Michael Pollan et du « slow food », où les gens veulent savoir d’où proviennent leurs aliments et comment ils affectent les autres et les écosystèmes entre la production et leurs assiettes, peut-être serait-il temps de faire la même chose avec nos garde-robes. Pourquoi ne pas s’orienter davantage vers une « slow fashion » ?

Vintage et vêtements de seconde main sont de bonnes options, et certains grands détaillants (Patagonie, Eileen Fisher) encouragent même les clients à rapporter  les vêtements usagés, puis les réutilisent ou les revendent à très bas prix. De nombreux fabricants (dont H&M) offrent  maintenant une gamme de produits fabriqués à partir de coton biologique, qui nécessite moins de produits chimiques et un peu moins d’eau.

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