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Des graines clonées pour mettre fin au monopole des semenciers

Mexique / / Amérique du nord

Les travaux d’une équipe de chercheurs mexicains relancent l’espoir de produire des graines génétiquement identiques de génération en génération. Le procédé permettrait aux agriculteurs d’utiliser leur propre production pour semer d’une année sur l’autre.

À qui profite le marché des graines ?

Si les semences modernes ont permis aux producteurs agricoles d’augmenter leurs rendements de manière significative, elles les ont également soumis à une dépendance totale vis-à-vis des marchands de graines.

Les plantes cultivées ne sont pas stériles, mais sont incapables de se reproduire à l’identique et perdent les caractéristiques recherchées après avoir été fécondées.

Une aubaine pour les semenciers, qui ont pu bâtir de véritables empires financiers, tel le géant américain Monsanto. Et une dépense annuelle parfois insoutenable pour les paysans, contraints de racheter des graines tous les ans. Au Mexique, on estime que ce marché très rentable représente déjà près de 7 milliards de dollars.

Dans ce contexte, les travaux des chercheurs mexicains du Centre de recherche et d’études avancées (CINVESTAV) pourraient s’avérer capitaux pour le monde agricole.

L’équipe dirigée par Jean Philippe Vieele Calzada tente de créer des plantes capables de se reproduire de manière asexuée, c’est-à-dire, pour une plante femelle, sans combiner leurs gènes avec ceux d’une plante mâle.

Cette technique permettrait d’obtenir des plantes rigoureusement identiques d’une génération à l’autre, afin de conserver leurs caractéristiques essentielles.

Contrôler l’environnement pour contrôler les gènes

Baptisée apomixie, ce mode de multiplication s’opère de manière naturelle chez certaines plantes, mais reste difficile à maîtriser chez les espèces agricoles les plus courantes.

Les travaux des chercheurs mexicains ont cependant permis de mieux cerner les mécanismes de ce phénomène. Jean Philippe Vieele Calzada explique que la reproduction asexuée n’est pas contrôlée par un gène principal, comme on le supposait jusqu’à présent :

« En fait, le processus est contrôlé non pas au niveau génétique, mais au niveau épigénétique, c’est-à-dire à partir des changements génétiques induits par des réponses de la plante, en fonction par exemple de l’environnement où elle se trouve. »

En d’autres termes, il suffirait de contrôler divers paramètres comme la composition chimique des sols, la température ou la lumière pour provoquer des mécanismes similaires à ceux de la reproduction asexuée.

Vers une nouvelle agriculture ?

Blé, riz, maïs, tomates : aujourd’hui, la plupart des graines utilisées par l’homme pour se nourrir doivent être achetées auprès des semenciers pour offrir des rendements satisfaisants.

La maîtrise de l’apomixie provoquerait donc un véritable bouleversement de notre manière de concevoir et de mettre en œuvre la production d’aliments. En utilisant leurs propres semences, les agriculteurs retrouveraient le contrôle d’un maillon essentiel de notre alimentation : la graine.

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Derniers commentaires

  1. zelectron

    Quid de la diversification génétique? ils sont tombés sur la tête !