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Controverse autour d’un méga-chalutier

Australie / / Océanie

La mise en service d’un méga-chalutier sur la mer de Tasman, crée une controverse en Australie. Le media australien SBS présente les éléments du débat autour de l’ex FV Margiris, récemment rebaptisé Abel Tasman, l’un des plus gros bateaux de pêche au monde.      

Un navire-usine gigantesque

La compagnie Seafish Tasmania s’apprête à mettre en service un chalutier de 142 mètres, capable de pêcher 18000 tonnes de poissons, soit la moitié du quota autorisé dans sa zone d’exploitation. Doté d’un chalut de 300 mètres de long, le navire a la capacité de conditionner 250 tonnes de poisson par jour. D’après la compagnie Seafish Tasmania, la majorité de la pêche serait exportée vers l’Afrique de l’ouest, pour l’alimentation.

Risque de captures accidentelles

Les opposants à la mise en service du chalutier craignent un impact sur les pêches locales et les populations de dauphins et de phoques risquant d’être pris dans les filets. Seafish Tasmania répond que le Margiris est doté d’un dispositif d’exclusion permettant d’éviter la prise accidentelle de mammifères marins et de les guider vers une zone d’évacuation.

Surexploitation des ressources halieutiques

D’après Greenpeace les grands bancs de poissons de surface ciblés par le Margiris (les chinchards), étaient autrefois nombreux au large de la Tasmanie, avant d’être surexploités par les chalutiers il y a plus de vingt ans. « Ces bancs de surface ont rapidement disparu et n’ont pas été vus depuis. Le Margiris cible maintenant les bancs de chinchards plus en profondeur. Et si les petits poissons disparaissent, les gros poissons disparaitront aussi », a déclaré Greenpeace.

Pour l’Agence australienne de gestion des pêches (AFMA), les espèces de poisson ciblées par le méga-chalutier ne sont pas surexploitées, hormis les andorrèves du Cap dont le statut est incertain et pour lesquelles un total admissible des captures prudent a été adopté.

Craintes d’impacts à long terme

Seafish Tasmania a déclaré avoir déjà engagé 40 personnes en Tasmanie, une première étape vers l’injection de 10 a 15 millions de dollars dans l’économie de l’Etat. Toutefois, pour le sénateur Whish-Wilson cela doit être mesuré au regard des impacts possibles du chalutier : « Que sont 40 emplois à court terme contre des dommages à long terme causés a notre industrie du tourisme par exemple ? », interroge-t-il.

Greenpeace soutient que le chalutier aura un impact sur les emplois locaux du secteur de la pêche. « Ces navires utilisent des technologies sophistiquées et peu de membres d’équipage, tout en pêchant la majorité des poissons », explique l’organisation.

Le chalutier a été provisoirement interdit de pêche, dans l’attente d’un nouveau projet de loi et de plus amples études environnementales.

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