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São Paulo ou l’immobilité urbaine

Brésil / / Amérique du sud

Tous les ans, la « Journée mondiale sans voiture » est l’occasion d’un défi entre différents moyens de transport à São Paulo. Cette année, 13 moyens de transport se sont affrontés sur une distance de 14 km, à 18h, heure de pointe du trafic pauliste en semaine. Les résultats sont éloquents et traduisent bien l’immobilité urbaine dans laquelle la mégalopole est plongée.

Le vélo comme moyen de transport le plus rapide

Le vélo l’emporte, mais à condition d’emprunter des voies rapides sans voies cyclables, donc risquées. Avec une moyenne de 8,3 km/h, la voiture est arrivée avant-dernière, ne devançant que la marche à pied, mais d’une petite minute à peine !

1 – Vélo (sur des voies rapides) : 24 min

2 – Moto : 26 min

3 – Rollers : 32 min

4 – Métro + train = 32

5 – Vélo (sur des voies secondaires moins fréquentées) : 48 min

6 – Skate : 55 min

7 – Handbike (vélo en position allongée) = 58 min

8 – Métro + vélo = 57 min

9 – Bus + train = 1h06

10 – Course à pied : 1h07

11 – Bus = 1h30

12 – Voiture : 1h41

13 – Marche à pied : 1h42

Il n’existe plus d’heure de pointe à São Paulo

La mobilité urbaine est devenue la question centrale du débat sur la qualité de vie en ville. Aujourd’hui, dans une ville comme São Paulo, Il n’y a plus d’heure de pointe de la circulation mais une succession de ralentissements tout au long de la journée. La construction de ponts, de viaducs, de tunnels ou de voies expresses sont des palliatifs, mais ne résolvent pas le problème. Au contraire, cela contribue à encourager l’usage de la voiture en ville.

Certes, économiquement, le secteur automobile est tout-puissant puisqu’il représente près de 20% du PIB brésilien. Mais, selon le secrétaire Municipal au Développement Economique et au Travail de São Paulo, Marcos Cintra, le coût engendré par les bouchons en ville dépasse les 20 milliards d’euros par an, l’équivalent de 10% du PIB municipal. Ce coût est en hausse de 60% ces 4 dernières années.

Or, on constate que chaque fois que le secteur automobile se plaint d’une baisse des immatriculations de voitures neuves, le gouvernement répond à ses attentes en baissant l’IPI (Impôt sur les Produits Industrialisés). Cette mesure de relance est polémique, car elle n’est pas compensée par des mesures sociales, sanitaires et environnementales. Il est également regrettable que les impôts encaissés par le gouvernement grâce aux ventes de voitures ne soient pas réinvestis dans les transports publics.

 L’enjeu est aussi une question de santé publique

Le Dr. Paulo Saldiva, pneumologue à l’Université de São Paulo affirme que toute personne vivant à São Paulo a une espérance de vie moyenne diminuée de 2 ans et demi à cause des problèmes causés ou aggravés par l’inhalation des gaz d’échappements des voitures. On compte environ 4000 décès par an liés à ces inhalations.

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