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L’environnement passe du vert au rouge

Vietnam / / Asie

C’est le constat fait par les participants à une grande conférence sur le développement durable tenue dans le nord du pays. Après 25 années d’un développement économique fulgurant, le vert environnement indochinois passe au rouge.

L’événement, organisé dans la province de Ninh Binh par l’ONG Pan Nature, a permis aux scientifiques de tirer la sonnette d’alarme. Selon le Docteur Nguyen The Chinh, si la production de l’économie nationale a été multipliée par 3.5 depuis 1990, la consommation en eau et en électricité a doublé. Une situation qui met les ressources naturelles sous pression.

Selon des statistiques du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, le pays perd en moyenne 1000 hectares de mangrove chaque année depuis 2002. Dans le même temps, l’explosion de la population urbaine a créé des problèmes d’hygiène publique avec le manque d’installations de traitement des déchets.

Ces constats font dire au docteur Nguyen Manh Ha de l’université de Hanoi que la renommée internationale du Vietnam a changé. Elle est passée d’un ‘petit pays riche en biodiversité‘ à ‘une économie dynamique connue pour ses problèmes environnementaux’. Le docteur Ha a rappelé que 23 tonnes d’ivoire, 100 tonnes de pangolin et 100 kilogrammes de corne de rhinocéros ont été saisies par la police entre 2007 et 2011. La disparition du dernier rhinocéros de Java en octobre dernier confirme malheureusement cette triste réputation d’un pays dont l’environnement est bien dans le rouge.

Pour compléter ce tableau peu reluisant, To Xuan Phuc a communiqué ses inquiétudes touchant aux forêts nationales. Selon l’ONG Forest Trends pour laquelle il travaille, le Vietnam est un des principaux exportateurs de bois, avec un volume allant de 3 à 5 millions de mètres cubes par an. L’exploitation non durable des grandes forêts de la région inquiète les experts.

Certes, le gouvernement a essayé de réagir. Il a en tous cas fait des gestes en imposant par exemple la tenue d’audits environnementaux pour tous les projets d’investissement importants. Les environnementalistes critiquent cependant de manière presque unanime la mise en place de la mesure. Nguyen Khac Kinh, vice-président de l’association nationale pour les études d’impact environnemental, formule ses regrets dans des termes simples. « Les investisseurs peuvent choisir la société qui évalue leur projet. Dans cette situation, comme c’est eux qui payent, il est évident qu’ils s’arrangeront pour mandater une société qui leur donnera le feu vert ». Une réaction sérieuse pour sauver l’environnement devient donc vraiment urgente.

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