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Antarctique : Une bombe à retardement climatique ?

Argentine / / Amérique du sud

Une équipe de recherche internationale estime que les microbes restés prisonniers sous la glace pendant des millions d’années ont formé d’immenses quantités de méthane. La fonte des pôles risque de libérer ce puissant gaz à effet de serre et pourrait provoquer une accélération dramatique du réchauffement planétaire.

« Les bestioles sont là »

Depuis des années, Jemma Wadham prélève des blocs de glace provenant de l’Antarctique, du Canada et du Groenland. Dans son laboratoire de l’Université de Bristol, elle fait fondre ses échantillons pour étudier les minuscules particules organiques provenant du sol sur lequel avancent les glaciers.

« Quel que soit le glacier, on retrouve des microbes dans les sédiments qu’il recouvre », explique la chercheuse.

En déterminant les concentrations et les types de micro-organismes présents dans la glace, Jemma Wadham et son équipe espèrent pouvoir calculer les quantités de méthane que pourrait renfermer le sous-sol de l’Antarctique.

Pour l’instant, ils ne disposent d’aucune preuve formelle, mais la chercheuse estime que les prélèvements en cours viendront confirmer la présence de gaz avant la fin de l’année.

« Les bestioles sont là, il y a du carbone organique dans les sédiments et il n’y a pas d’oxygène parce qu’on est loin de l’atmosphère : les conditions idéales pour la production de méthane. C’est comme un grand marais. »

Avant que la glace ne recouvre le continent blanc, il y a 35 millions d’années, l’Antarctique a connu des climats plus cléments, jusqu’à être recouvert de forêts et de toundra. À cette époque, la concentration élevée en dioxyde de carbone de l’atmosphère permettait à la Terre de mieux conserver la chaleur. Il y a 52 millions d’années, le pôle Sud abritait même des palmiers.

La géothermie entretient la réaction

Ce foisonnement de vie a provoqué une accumulation considérable de sédiments dans les baies et les fjords de l’Antarctique. En digérant cette matière organique, dont le poids est estimé à 21 milliards de tonnes, les bactéries ont pu produire du méthane de façon continu pendant des millions d’années.

Le manteau de glace qui recouvre aujourd’hui l’Antarctique n’a pas stoppé le phénomène. Selon les chercheurs, la chaleur géothermique que l’on retrouve à ces profondeurs suffit à entretenir la réaction chimique.

Néanmoins, lorsque le méthane remonte à travers la glace, la pression exercée par le poids de la glace le transforme en hydrate de méthane : un composé solide mais potentiellement instable, à l’intérieur duquel le gaz reste emprisonné.

Aujourd’hui les climatologues craignent que l’élévation des températures et la diminution de l’épaisseur du manteau glaciaire ne viennent rompre ce fragile équilibre.

Si c’était le cas, d’immenses quantités de méthanes pourraient être libérées dans l’atmosphère, provoquant une brutale accélération du réchauffement climatique.

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