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Capitalisme vert : « Les indiens boliviens ne seront pas les gardes forestiers des entreprises étrangères »

Bolivie / / Amérique du sud

Le gouvernement instaure une nouvelle loi de protection de la « Terre-Mère » et fustige l’action de certaines ONG écologistes. Il les accuse de servir les intérêts de grands groupes capitalistes, en refusant une exploitation raisonnée des ressources naturelles pour assurer le développement du pays.

« Notre peuple réclame l’accès aux services de base »

Voulue de longue date par Evo Morales, la Loi de la Terre-Mère et du Développement intégral pour le Bien-vivre ne fait pas l’unanimité, notamment auprès des confédérations de peuples autochtones, qui craignent un développement « traditionnel » et destructeur.

Lors de la cérémonie de promulgation, le vice-président Álvaro García Linera n’a pas hésité à monter au front pour défendre le texte, accusant ses détracteurs de faire le jeu de « certaines ONG payées par des entreprises étrangères promouvant la destruction de l’environnement » :

« Nous refusons d’être de simples garde-forestiers et de continuer à vivre comme nous le faisons en ce moment pendant 1000 ans de plus. Nous aussi, nous voulons avoir l’eau potable, le téléphone, des centres de soins, des écoles, de l’électricité. Et ces entreprises étrangères veulent que nos citoyens continuent de vivre dans la forêt comme ils le faisaient il y a 500 ou mille ans, figés dans le passé alors que notre peuple réclame l’accès aux services de base. »

La certification des forêts, une simple niche fiscale pour les entreprises étrangères ?

Le dirigeant a également insisté sur la nécessité de créer des voies de communication terrestres, en faisant allusion à la route qui pourrait traverser le parc national du TIPNIS. Ce projet extrêmement controversé avait provoqué la colère des indiens d’Amazonie et généré l’un des plus graves conflits qu’ait eu à affronter Evo Morales.

Selon Álvaro García Linera, certaines ONG profitent en fait de ce genre de situation pour s’approprier une grande partie de l’Amazonie, en Bolivie et dans d’autres pays :

« C’est ce que l’on appelle le capitalisme vert. Une entreprise qui détruit l’environnement augmente ses profits en engageant une ONG qui vient en Bolivie pour transformer nos concitoyens en gardes forestiers pour les gringos, pour les étrangers. »

Le vice-président dénonce des mécanismes grâce auxquels les entreprises polluantes d’Europe et des États-Unis obtiendraient des millions de dollars sous forme de réductions fiscales en certifiant qu’elles participent à la préservation d’une forêt en Amérique latine ou en Afrique.

Álvaro García Linera affirme qu’il est possible de trouver un juste milieu entre la satisfaction des besoins, la création de richesses pour le bien-être commun et la préservation de l’environnement. Il estime néanmoins que c’est aux Boliviens qu’il appartient d’accomplir cette tâche, et pas à des nations étrangères.

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