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Maltraitance infantile : Pour ou contre l’interdiction de la fessée ?

Argentine / / Amérique du sud

Le nouveau Code civil argentin marque un pas en retirant aux parents leur traditionnel « pouvoir de correction » et les enjoint plutôt à « orienter et guider » leur progéniture. Pour les pédagogues, la suppression totale des châtiments corporels est une avancée incontestable.

Les deux types de fessée

À 38 ans, Magdalena Muñoz est femme au foyer et mère de cinq enfants. Elle défend une vision plutôt « vieille école » de l’éducation :

« Je ne leur permets pas les caprices. Si un adulte dit non, c’est non, c’est la limite et elle ne se discute pas. Il n’y a pas grand-chose à ajouter ou à comprendre. C’est NON. Je suis plutôt conservatrice dans ce domaine. Idéalement, il faudrait ne pas en arriver jusqu’à la fessée, mais c’est parfois nécessaire. Il y a deux types de fessée : celle qui est préméditée et que je vais donner si un de mes enfants m’échappe et part en courant traverser la rue, pour qu’il sache qu’il ne faut pas faire ça. Et l’autre, la fessée qui part quand on est en colère, quand on se sent dépassée par la situation. C’est celle-là qu’il faut éviter. »

Si les méthodes de Magdalena Muñoz sont partagées par de nombreux parents sans que la société trouve cela particulièrement choquant, elles seront pourtant bientôt hors la loi.

Privilégier le dialogue

Le nouveau Code civil argentin prévoit en effet d’abroger le « pouvoir de correction » concédé aux parents par l’ancien texte et de les obliger en contrepartie à « orienter et guider » leur progéniture à travers un « échange avec l’enfant adapté à chaque étape de son développement ».

Pour Marisa Herrera, avocate et chercheuse au Conseil national d’investigations scientifiques et techniques (CONICET), cette initiative est le fruit d’une harmonisation des lois argentines avec les instruments internationaux de respect des droits de l’homme, destinée à lutter contre la maltraitance infantile.

La notion de patria potestad (autorité paternelle) inspirant l’ancienne législation se révèle incompatible avec celle de « responsabilité parentale », qui considère les enfants comme des sujets de droit devant être éduqués non à travers la violence, mais grâce au dialogue.

En outre, l’avocate souligne un aspect positif du nouveau texte, qui obligera l’État à apporter aide et protection par le biais de services d’orientation destinés aux parents.

Inflexible avec les mots

En tant que spécialiste de l’éducation, Silvina Gvirtz se réjouit elle aussi de l’adoption du nouveau Code civil :

« Si le père frappe, le fils croit que les coups sont une manière valide de résoudre les conflits et va l’imiter. Au contraire, dans une société intelligente et démocratique, il faut enseigner que les conflits se résolvent à partir du dialogue, en établissant des accords. L’autre méthode, c’est le plus fort qui s’impose face au plus faible. »

Silvina Gvirtz reconnaît cependant qu’il existe une différence entre l’acte réflexe qui consiste à taper sur la main d’un enfant pour lui apprendre à ne pas mettre les doigts dans la prise et les véritables actes de violence comme les corrections trop sévères.

Mais pour la spécialiste, aucune des deux méthodes n’est justifiée :

« Au lieu de la violence, même s’il ne s’agit que d’une tape sur la main, il est préférable d’être inflexible avec des mots, avec le NON, à travers une attitude de fermeté grâce à laquelle nous définissons les limites. »

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