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L’incroyable vie de Rachel Carson

USA / / Amérique du nord

Rachel Carson, l’auteur de «Silent Spring», a joué un rôle essentiel dans le lancement du mouvement environnementaliste, en forçant les gouvernements et les entreprises à se positionner face aux dangers que représentent les pesticides. Sa vie et son combat sont une inspiration pour beaucoup de leaders.

D’un appel de la nature à son premier travail de rédactrice

Le monde de la nature  a toujours fasciné l’auteure. Elle  grandit près de Pittsburgh, étudie  au Pennsylvania College for Women puis au Chatham College, où elle se spécialise en biologie et obtient une maîtrise en zoologie à l’Université Johns Hopkins.

Dans les années 1930, il y a peu de débouchés professionnels pour les femmes issues des sciences. Mais en 1935, elle trouve un emploi comme rédactrice de textes pour la radio sur les océans pour l’United States Fish and Wildlife Service. En quatre ans, elle accède au poste de rédactrice en chef de toutes les publications de l’agence, une position qui la fait connaitre auprès des chercheurs, écologistes et responsables gouvernementaux.

Son travail à l’agence nourrit alors sa grande vocation d’écrivain. Tout au long des années 1930 et 40, elle collabore avec de nombreux magazines. En 1941, elle publie son premier livre, « Under the Sea-Wind » (Sous le vent marin), un récit d’oiseaux et de créatures marines de l’Amérique du Nord.

Le combat incessant avec la maladie

R. Carson écrit particulièrement dans les moments difficiles de sa vie, lorsqu’elle lutte face à de graves problèmes de santé. En 1950, elle se fait opérer, on lui retire une tumeur au sein gauche. L’année suivante, elle publie « The Sea Around Us» (Cette mer qui nous entoure) qui devient immédiatement un best-seller. Le succès du livre lui permet de quitter son emploi à l’agence et de se consacrer à l’écriture.

Au début de 1958, elle commence à travailler intensément sur « Silent Spring » (Printemps silencieux) tout en servant de soutien à sa famille. A la suite du décès de sa nièce l’année précédente, elle adopte son petit neveu orphelin alors âgé de 5 ans. Elle prend également, financièrement, en charge sa mère malade.

Les quatre années qui suivent, elle consacre tout son temps et toute son énergie à la recherche et à l’écriture de son livre. Elle rencontre scientifiques, médecins, bibliothécaires, écologistes et responsables gouvernementaux. Avec l’aide d’un assistant, elle passe des semaines dans les bibliothèques de Washington.

Elle s’intéresse particulièrement aux relations possibles entre le cancer et les pesticides.

À la fin de l’année 1958, la mère de R. Carson décède. Et l’été suivant, la maladie de son petit-neveu ralentit considérablement son travail. Fin 1959, elle sait que le livre prendra plus de temps que prévu à l’origine. Pourtant, elle reste confiante, comme elle l’écrit à son éditeur.

Mais au début de l’année 1960, des problèmes médicaux interrompent à nouveau son travail. Elle apprend qu’elle a un ulcère, et elle développe une pneumonie. Début avril, elle  subit une opération afin de retirer deux tumeurs diagnostiquées dans son sein gauche. L’une est apparemment bénigne, l’autre  « suspecte au point de nécessiter une mastectomie complète. »

Elle rentre chez elle pour se remettre de la chirurgie et reprend lentement le travail. En novembre, Carson découvre une masse dans sa poitrine gauche. Elle se rend à la Cleveland Clinic pour un second avis.

Là-bas, elle apprend qu’elle a un cancer et qu’il y a des métastases au niveau de ses ganglions lymphatiques. Début 1961, elle commence un traitement de radiothérapie, ce qui l’affaiblit énormément. À certains moments, elle se désespère du naufrage total de son planning d’écriture et de la « perte presque complète de tout sentiment de création ou de désir. »

Tout au long de cette épreuve, elle est déterminée à maintenir son état de santé secret, de peur que les lecteurs se questionnent sur l’objectivité de ses conclusions, en particulier ceux portant sur les liens existants entre les pesticides et le cancer.

Vers la fin du printemps, R. Carson retourne à son livre. Elle progresse dans son écriture pendant six mois, jusqu’à ce qu’une inflammation de l’œil gauche l’a rende presque aveugle durant plusieurs semaines. Son assistante lui lit alors les chapitres à haute voix pour les corrections, mais quelle nouvelle frustration !

La publication de Silent Spring

Au début de 1962, Carson a envoyé le plus gros du manuscrit à son éditeur et au The New Yorker.

De manière ciblée et convaincante, elle interpelle les lecteurs en leur demandant de revenir sur les conséquences des progrès (trop) rapides des technologies. « Comment cela peut-il être considéré comme intelligent,» questionne-t-elle dès le début du livre, «lorsque l’on cherche à contrôler certaines espèces indésirables par une méthode qui contamine tout l’environnement et menace la santé et même la vie de leur propre espèce? »

Elle dénonce les pesticides synthétiques, comme le DDT et l’heptachlore, qui ont été utilisés en quantités prodigieuses sans tenir compte de leurs effets sur la santé des êtres humains, des animaux et de l’environnement en général. Elle prédit de graves conséquences pour l’homme et la nature dans son ensemble si leur utilisation continue de se développer. (Le titre « Silent Spring » renvoie à une saison où le chant des oiseaux et des autres animaux a disparu, décimés par les insecticides.)

Un pavé lancé dans la marre

Le livre, combiné avec la sérialisation du New Yorker, fait sensation. Au cours de l’été 1962, le président John F. Kennedy, cite le livre et nomme un comité chargé d’étudier l’utilisation des pesticides. Au cours des deux  années suivantes, diverses unités gouvernementales furent appelées à une surveillance accrue des pesticides.

Dans les 18 mois qui suivent la publication de « Silent Spring », R.Carson tente de lutter contre le cancer de plus en plus agressif qui la ronge. Elle fait quelques rares apparitions à la télévision. Mais en 1964, la maladie et ses complications l’a rattrapent. Elle décède le 14 avril à l’âge de 56 ans.

Depuis les années 60, à la suite de plusieurs événements politiques, économiques et environnementaux, une prise de conscience publique fait son apparition. Le Jour de la Terre nait le 22 avril 1970, reflétant l’inquiétude grandissante du public.

Dans la foulée, l’Environmental Protection Agency est créée et en 1972, le DDT est interdit d’utilisation aux États-Unis. Le Clean Water Act a adopté, également, en 1972 et les Endangered Species Act en 1973.

En regardant en arrière, des scientifiques comme Paul Ehrlich et E.O. Wilson assurent que « Silent Spring » a joué un rôle central dans le lancement du mouvement environnemental moderne.

L’histoire de Rachel Carson offre de nombreuses leçons de leadership, dont l’importance de la persévérance dans la poursuite d’un objectif. Son parcours est un exemple marquant de la capacité d’une personne à inciter un changement positif.

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