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Une plante, est-ce que ça pense ?

Pays-Bas / / Europe

Elles ont de la mémoire, se parlent entre elles et peuvent sentir les odeurs. Mais les plantes pensent-elles ? Andy Round mène l’enquête.

Vos plantes se sentent-elles seules quand vous partez en vacances ? Se souviennent-elles de vous à votre retour ? Parlent-elles de vous quand vous avez le dos tourné ? En gros : pensez-vous qu’elles pensent ?

Après tout, la pensée est une réaction chimique se produisant autour d’un cerveau qui nous permet de faire des choses. Certes, les plantes n’ont pas de cerveau mais elles peuvent être intelligentes, surtout quand elles doivent se souvenir de certaines choses, ressentir le monde qui les entoure, voire prendre des décisions.

“Les plantes sont intelligentes”

C’est ce qu’affirme Dr Paul Keßler, directeur d’Hortus Botanicus Leiden, le plus ancien jardin botanique des Pays-Bas, fondé en 1590.

“Par exemple, la dionée attrape-mouche ne se referme que si quelque chose touche les poils de son lobe deux fois. Et non pas s’il touche une seule fois. Vous pouvez donc dire qu’elle se ‘souvient’ qu’un poil a déjà été touché la première fois.”

Mais comment une plante sait-elle faire ça ? Dans les serres de l’Université d’Amsterdam, Michel Haring, professeur de physiologie végétale, étudie l’intelligence des plantes depuis 1985. Il concentre ses recherches sur la façon dont les plantes envoient et reçoivent des signaux et ce qu’elles en font.

Il a découvert que face à la “mort”, les plantes avaient une certaine intelligence de survie. “Certains plants de tomates peuvent identifier s’ils sont en train d’être grignotés par une chenille ou une mite et peuvent alors appeler un prédateur pour s’en débarrasser”, a trouvé Haring. “Pour survivre, la plante doit comprendre exactement ce qui l’attaque puis appeler l’aide idoine. C’est une réaction incroyablement sophistiquée.”

Tellement sophistiquée qu’Haring et son équipe ont dédié des années à apprendre comment les cellules végétales communiquaient dans ces cas-là. “Nous pensons que les plantes peuvent identifier la salive de l’insecte et créer un bouquet d’hormones qui attire l’ennemi approprié.” Mais ce n’est pas tout. Ce mix d’hormones alerte également les autres plantes qui seront alors sur le qui-vive.

Systèmes de défense

Les plantes ont effectivement des systèmes de défense. Si vous trempez une plante dans de l’eau salée ou que vous la laissez dehors dans le froid, elle devient stressée et entreprend des mesures. “Les humains ont des nerfs. Les plantes sont dotées d’une membrane comprenant différents lipides, dont certains ont une fonction de signalisation. Nous cherchons actuellement à connaître le rôle exact que jouent ces lipides.”

Si vous pensez que cela n’est que de la science-fiction, tentez une expérience chez vous : mettez une plante dans un placard sombre, elle deviendra haute et maigrichonne. Laissez-la au soleil d’un côté, la plante se penchera de ce côté. Mettez une lumière rouge d’un côté et bleu de l’autre, la plante penchera du côté bleu.

Les plantes se déclarent aussi la guerre. Dr Keßler parle de certaines variétés d’ail dont les racines émettent des substances qui empêchent les autres plantes de pousser à proximité.

Le professeur Haring, de son côté, se souvient avoir découvert que les acacias pouvaient communiquer pour changer la constitution de leurs feuilles après que des girafes les avaient grignotées. Les arbres ont décidé de produire un mélange d’acide tannique toxique sur leurs feuilles pour tuer de malheureuses antilopes qui avaient imité les girafes.

Subjectivité

Les plantes, vous aurez compris, n’aiment pas être attaquées. Mais elles n’aiment pas non plus êtres touchées. Si vous manipulez trop une plante, sa croissance ralentira. Mais vous en voudra-t-elle ? Les plantes ont-elles des sentiments ?

“La souffrance est très subjective, ce qui implique une détresse émotionnelle et un cerveau développé”, affirme Daniel Chamovitz, directeur du centre Manna des biosciences végétales de Tel-Aviv. “Les plantes n’ont pas de cerveau et ne peuvent donc pas avoir de subjectivité. Elles ne peuvent pas connaître la détresse émotionnelle.”

Alors pas besoin de se sentir coupable quand on commande une salade ? “Je rigole à chaque fois qu’on me pose cette question. Les plantes ne ressentent pas la douleur. Elles ont beau avoir des récepteurs de toucher, elles n’ont pas de récepteurs de douleur. À vrai dire, la plupart des plantes veulent être mangées, c’est comme ça que leurs graines sont distribuées.”

Et le mythe sur le fait de parler aux plantes ? “Vous pouvez leur parler si ça vous fait plaisir, mais n’attendez pas de réponse”, plaisante Chamovitz. “Il n’existe aucune preuve comme quoi les plantes entendent.”

Pourtant, à l’Université d’Amsterdam, Michel Haring avoue que les serres de recherche sont inondées de musique. “Oh, ce n’est pas pour les plantes. Les jardiniers aiment écouter la radio quand ils travaillent.”

Alors, qu’en pensez-vous ?

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