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Déchets électroniques : les entreprises s’en tirent à bon compte et Greenpeace crie au scandale

Argentine / / Amérique du sud

Alors que les quantités de déchets électroniques explosent, le gouvernement enterre un projet de loi imposant aux fabricants de prendre en charge le retraitement des appareils usagés. Un pas en arrière qui réduit à néant 5 années d’efforts et évite aux entreprises de mettre la main à la poche pour recycler les produits dangereux.

Le projet n’est pas parvenu à temps au parlement

« C’est une triste réalité, mais aujourd’hui ce sont les compagnies multinationales qui dictent les lois dans notre pays. La santé, la préservation des ressources et la qualité de vie des habitants n’intéressent pas les autorités », estime María Eugenia Testa, directrice de campagnes de Greenpeace.

Ces réactions font suite à l’abandon par le gouvernement d’un projet de loi approuvé par le sénat il y a plus d’un an, mais qui n’est pas parvenu à temps au parlement pour qu’il puisse être voté.

Ce texte ambitieux rédigé en 2008 aurait obligé les producteurs ou les importateurs d’appareils électriques et électroniques à garantir l’élimination et le recyclage des différents matériaux utilisés pour leur fabrication, notamment les produits toxiques.

Pour cela, les entreprises concernées auraient dû mettre en place leur propre filière de retraitement ou faire appel à des sociétés spécialisées.

Pour en finir avec les produits toxiques

Par ailleurs, la loi donnait deux ans aux fabricants pour arrêter de commercialiser des produits contenant des substances dangereuses telles que le plomb, le mercure, le cadmium et le chrome.

En Argentine, la production de déchets électroniques est évaluée à 120 000 tonnes par an et comprend notamment des batteries, des ordinateurs, des imprimantes, des téléphones, des téléviseurs ou encore des fours micro-ondes. En moyenne, chaque Argentin rejette 3 kilos par an de déchets électroniques, mais ce chiffre grimpe à sept kilos par an dans la capitale, à Buenos Aires.

« Dans d’autres parties du monde, ce sont les entreprises qui paient pour leurs rebus électroniques. En Europe, elles prennent en charge leurs déchets. C’est également le cas en Amérique latine pour les pays appliquant la “Responsabilité étendue du producteur” », signale Consuelo Bilbao, coordinatrice de l’unité politique de Greenpeace.

Les appareils facilement réparables ne sont pas rentables

L’ONG écologiste accuse Roberto Feletti, membre du parti présidentiel, d’avoir tout fait pour empêcher le texte d’être voté. Le député présidait en effet une commission chargée d’étudier le projet, mais celle-ci s’est refusé à rendre un avis assez tôt pour que la loi puisse être étudiée par le parlement.

Roberto Feletti défend sa position en expliquant qu’il s’agit avant tout de préserver l’industrie nationale :

« Nous ne pouvons pas imposer aux entreprises argentines une charge énorme en matière de recyclage de déchets électroniques pour laquelle il n’existe pas de précédents internationaux. Cela nous obligerait à importer des technologies soumises à un monopole et aurait de graves répercussions sur notre compétitivité. »

Le projet de loi aurait contraint les fabricants à produire des appareils faciles à démonter, à réparer, à réutiliser et à recycler. Des dispositions certainement efficaces sur le plan écologique, mais pas forcément très rentables pour les entreprises, plus habituées à tabler sur un renouvellement rapide et systématique des appareils vendus.

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Derniers commentaires

  1. En effet, les DEEE ne doivent, en autant cas, être jetés en dehors des points de collecte mis en place par la filière de traitement, agréée par l’Etat.

    C’est seulement ainsi que les DEEE peuvent être dépollués puis recyclés, selon la législation environnementale en vigueur.

    Plus d’infos sur : http://www.ecologic-france.com
    ou sur twitter @Ecologic_France