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L’extraction de sable bientôt exemptée d’études d’impact environnemental ?

Brésil / / Amérique du sud

Un premier projet visant à assouplir les conditions de délivrance des permis vient d’être retiré par le Gouverneur, mais ce n’est que partie remise, il sera représenté avant la fin de l’année. Car l’Etat de Rio a besoin d’accélérer ses projets de constructions en vue de la Coupe du Monde 2014 et des JO 2016…

Une mesure pour accélérer les projets de construction civile

Le gouverneur de l’état soumettra un nouveau projet de loi, en caractère d’urgence, à l’Assemblée Législative de Rio, avec l’objectif de dispenser les petits projets d’extraction de sable et de gravier de l’EIA (Etude d’Impact Environnemental) et du Rima (Rapport d’Impact Environnemental), aujourd’hui obligatoires. Avec le nouveau texte, ces projets devront présenter à l’Institut de l’Environnement (Inea) des Rapports Simplifiés (RAS) ou des Plans de Contrôle Environnemental (PCA). D’après le gouvernement, la mesure est nécessaire pour accélérer les projets de construction civile en vue de la Coupe du Monde 2104 et des Jeux Olympiques 2016.

Devant la forte répercussion négative et la mobilisation contraire au projet du Ministère Public, le gouverneur Sérgio Cabral a proposé de retirer la proposition, qui sera donc réétudiée.

Le secrétaire de l’Environnement, Carlos Minc, affirme que le gouvernement reconnaît des failles dans le texte, qui ouvrait la porte à des dispenses d’études environnementales approfondies avant de délivrer des permis.

« Le gouverneur reconnaît que le projet avait des questions ambiguës. Une nouvelle mouture traitera spécifiquement du permis des sables, mais sans ambiguïtés. C’est un problème à Rio. Il y a 220 projets de construction civile à l’arrêt », dit Minc.

Une mesure qui soulève des questions environnementales

Flavio Erthal, Président du Département des Ressources Minières de l’Etat de Rio de Janeiro, rappelle que l’industrie de l’exploitation minérale va peser 15 milliards d’euros dans l’Etat de Rio de 2012 à 2014, et que le marché des minerais au Brésil progresse de 56% par an. « Il y a une industrie croissante, et ne pas autoriser ces projets c’est favoriser la clandestinité. Exiger l’EIA-Rima tout le temps est ingérable. Nous ne défendons pas des permis sans critères, en aucun cas. Ce sont des activités à fort impact. Mais il faut assouplir la législation des projets de petite taille. La consommation de gravier pour des ouvrages publics au Brésil est de 2 tonnes/an/habitant. En Europe, c’est 8 tonnes/an, aux USA, 10 tonnes/an. Ce panorama donne la mesure de notre sous-développement. Nous devons faire des écoles, des maisons » affirme-t-il.

Seropédica est la ville qui détient le record de production de sable pour la construction civile. De nombreux projets n’ont pas de permis. Pour la députée Aspásia Camargo (Parti Vert), assouplir les permis d’une activité qui a un impact environnemental significatif doit être une mesure amplement débattue : « L’extraction de sable a laissé un violent passif écologique à Itaguaí et Seropédica. Nous devons débattre pour savoir si ces activités peuvent se passer de l’EIA-Rima, ce n’est pas une question simple. »

L’analyste environnemental Rogério Rocco rappelle que toute activité d’exploitation minérale demande des attentions environnementales spéciales: « La Constitution Fédérale est claire quand elle dit que les activités minérales ont l’obligation de réparer les dommages causés à l’environnement. Cette préoccupation est-elle encore de mise sur les permis d’exploitation délivrés à Rio? »