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Nouvelle technique de capture de CO2, une solution-miracle contre le réchauffement ?

Argentine / / Amérique du sud

Baptisée Global Thermostat (GT), la technique mise au point par Graciela Chichilnisky pourrait théoriquement ramener les niveaux de CO2 à des valeurs normales en moins de 20 ans. Pour la scientifique, il est plus réaliste de capturer les gaz à effet de serre que d’espérer réduire les émissions.

Révolution scientifique. Graciela Chichilnisky à Rio de Janeiro, avec son partenaire au thermostat mondial (GT), le chercheur Peter Eisenberger. (© www.clarin.com)

Il faut filtrer toute l’atmosphère

Créatrice du marché des crédits carbones sur lequel s’appuie le Protocole de Kyoto, Graciela Chichilnisky est également l’inspiratrice du développement durable, dont elle posera les bases en créant le concept de « besoins fondamentaux » en 1977.

Née à Buenos Aires, elle quitte l’Argentine et s’installe aux États-Unis dans les années 60, lorsque les policiers investissent les universités sur ordre de la dictature militaire au cours de « la nuit des Longs Bâtons ».

Aujourd’hui, après plus de quatre ans d’expérimentation au centre de recherches de l’université de Stanford, Graciela Chichilnisky affirme pouvoir remédier au changement climatique grâce à une nouvelle technique de stockage de carbone.

Plutôt que de capturer le gaz à la sortie des cheminées, les centrales s’installeraient n’importe où pour récupérer directement le CO2 présent dans l’atmosphère. Ainsi, elles pourraient être construites à proximité de clients intéressés par ce gaz, comme les fabricants de boissons gazeuses, d’appareils de réfrigération et surtout les sites d’exploitation d’hydrocarbure.

Les pays émergents doivent continuer à consommer de l’énergie

L’injection de CO2 dans les puits de pétrole permet en effet d’améliorer leur productivité, et près d’un quart du gaz reste prisonnier sous terre. Selon la scientifique, la capture du CO2 coûte environ 20 dollars la tonne, tandis que les entreprises sont prêtes à l’acheter entre 50 et 200 dollars.

Si des centrales de ce type étaient installées partout sur la planète, il serait possible de faire passer la concentration de carbone dans l’atmosphère de 400 à 275 ppm (parties par million), ce qui équivaudrait à revenir aux niveaux antérieurs à la révolution industrielle.

Selon la chercheuse, l’homme devra nécessairement s’intéresser à la capture de CO2, car la réduction des émissions ne suffira pas à limiter le réchauffement climatique. De plus, elle compromet le développement des pays les plus pauvres, qui devront continuer à consommer de l’énergie pour lutter contre la pauvreté.

Les centrales utiliseront la chaleur résiduelle des usines

Construites sous forme de tours, les centrales filtrent l’air ambiant et emprisonnent le CO2 dans des panneaux semblables aux rayons d’une ruche. Une fois pleins, les panneaux sont chauffés afin de récupérer le gaz qu’ils contiennent, et sont ensuite réutilisés.

Leur fonctionnement nécessitant peu d’énergie, il est théoriquement possible d’utiliser uniquement la chaleur résiduelle provenant d’autres procédés industriels.

Les centrales les plus performantes seraient capables de capturer jusqu’à un million de tonnes de CO2 par an, ce qui permettrait de les rentabiliser en deux ans et demi.

Né de la collaboration entre Graciela Chichilnisky et Peter Eisenberger, vice-doyen de l’Earth Institute, le projet Global Thermostat figure parmi les finalistes pour le prix environnemental de 25 millions de dollars décerné par Richard Branson. La première centrale est en cours de construction dans l’Alabama, et son coût est estimé à 40 millions de dollars.

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