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Une coopérative d’échange « déchets recyclables contre nourriture » aide les plus démunis

Thaïlande / / Asie

Ouvert par des anciens éboueurs, le petit magasin ‘zéro cash’ permet à des Thaïlandais qui vivent en récupérant les déchets recyclables, de les échanger contre des produits de première nécessité. Un système original qui va probablement faire des émules dans le monde entier.

Une coopérative « gagnant-gagnant ». 

Car l’idée de Peerathorn Seniwong et de sa femme Buarin est très intéressante. Avec leur coopérative, tout le monde y gagne. Les ramasseurs d’ordures échangent tous les produits recyclables qu’ils ont collectés et triés contre des aliments, du savon, du dentifrice, des détergents, … Cela avec un meilleur rapport que s’ils avaient à vendre leur collecte à une usine de recyclage. La coopérative, en réunissant les déchets de plusieurs centaines d’éboueurs ‘privés’, peut quant à elle vendre à des prix plus élevés à ces usines de recyclage qu’un ramasseur individuel ne le pourrait.

Les créateurs de la coopérative, Seniwong et Buarin, ont connu la misère. Ancien garde privé puis conducteur de taxi-tricycle, Seniwong s’est retrouvé il y a plusieurs années au chômage. Obligé d’habiter sous un autopont, il a fini par ‘faire les poubelles’ à la recherche de matériaux recyclables. Chaque soir, sous son « toit qui vaut des millions » comme il l’appelle avec humour, il a médité sur la façon de s’en sortir et d’aider les pauvres. « Des déchets, c’est ce dont notre société ne manquera jamais. On s’est dit, comment on peut aider les plus pauvres avec les déchets ? ».

Une initiative sociale et environnementale

L’idée est bonne et elle a été réalisée avec conviction par le couple. Les 800 adhérents, dont 35 personnes qui se consacrent exclusivement à la collecte de déchets recyclables (les autres sont des particuliers qui apportent eux même leurs déchets), sont entièrement satisfaits.

Améliorer le sort de ceux qui sont démunis au point de n’avoir plus que le ramassage des déchets comme unique alternative pour survivre est une initiative louable en soi. Elle l’est d’autant plus quand on sait à quel point elle permet d’améliorer le recyclage. En effet, environ un quart des 15 millions de tonnes annuellement produites en Thaïlande sont recyclées. La plus grande partie des déchets recyclables est collectée par ces ‘éboueurs privés’, alors que le ‘tri sélectif’ est encore balbutiant dans le pays. Améliorer leur sort, c’est donc encourager à un meilleur fonctionnement du système, et peut-être ainsi augmenter la proportion de déchets recyclés ?

En tous cas, l’intérêt dus système a été reconnu par nombre d’étrangers. Des représentants de Mexico, Singapour ou du Japon ont déjà visité et étudié la coopérative. Pour proposer au plus tôt un système équivalent dans les grandes villes de leurs pays.

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Derniers commentaires

  1. Amandine

    L’expérience existe déjà à Curitiba (Brésil) depuis quelques années. Appelé cambio verde il permet aux populations les plus défavorisées d’échanger un kilo de déchet recyclabe contre un kilo de fruits et légumes (surplus des producteurs locaux).