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Les vestiges archéologiques du désert passent sous les roues du Dakar

Chili / / Amérique du sud

Les dernières éditions du rallye ont détérioré plus d’une centaine de sites préhispaniques dans le désert, dont les géoglyphes et le chemin de l’Inca. Selon le Collège d’archéologues du Chili, rien n’a été fait pour éviter que le scénario ne se reproduise cette année. L’aventure automobile continue.

En 2011, 126 sites ont été endommagés

Les géoglyphes, ces dessins tracés dans le désert par les premiers peuples d’Amérique du Sud ont résisté à l’érosion durant près de quinze siècles. Vont-ils finir sous les roues des hordes de 4×4 du rallye Dakar ?

Malgré les dégâts occasionnés lors des courses précédentes, les mesures de protection annoncées restent dérisoires et ne parviendront pas à empêcher de nouveaux vandalismes, avertit le Collège d’Archéologues du Chili.

Paola Gonzáles, vice-présidente de l’institution, explique que lors du premier passage de la course, aucun contrôle n’a eu lieu. Ce n’est que plus tard, en étudiant 10 % du tracé, que l’on a découvert six sites archéologiques endommagés. Le reste du parcours n’a fait l’objet d’aucune enquête.

Malheureusement, ces dégradations n’ont pas suffi à alerter les autorités publiques et les responsables de la course. Au fil des ans, la situation a empiré de manière exponentielle, et en 2011, l’analyse menée à bien par le Conseil des monuments nationaux a révélé la destruction de 126 sites.

Pas de sanctions à l’horizon

L’archéologue s’inquiète de l’inaction des organisateurs :

« Au cours des trois dernières éditions, aucune mesure de réparation n’a été mise en place. Quant aux mesures de prévention, elles sont ridicules : elles consistent à planter un bâton avec un petit drapeau coloré pour empêcher le passage des véhicules. »

Le groupe de spécialistes explique par ailleurs que les responsables du Dakar ne communiquent le tracé définitif de la course qu’au tout dernier moment. Ces méthodes compliquent la tâche des équipes chargées d’évaluer l’impact du rallye sur les vestiges archéologiques, et rendent illusoire la mise en œuvre d’actions efficaces pour limiter la casse.

Enfin, Paola Gonzáles dénonce l’attitude des autorités chargées d’appliquer les sanctions prévues par la loi et de mener à bien les actions en justice contre les responsables de dégradations archéologiques :

« Dans notre cas, comme c’est l’Institut national des sports qui organise l’évènement, le Conseil de défense de l’État a les mains liées, les sanctions pour dommages environnementaux ne sont pas appliquées. »

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