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Sobriété énergétique ou ébriété ?

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La sobriété énergétique, c’est consommer moins d’énergie sans réel impact sur le confort global auquel nous sommes habitués. La question reste de savoir si nous sommes en route vers la sobriété énergétique ou si nous circulons encore en pleine ébriété énergétique.

Schizophrénie énergétique

De fait, nous sommes en pleine schizophrénie énergétique. D’un côté, tout le monde s’accorde sur la nécessité de la sobriété énergétique. De l’autre, chaque fois qu’il est possible de consommer plus d’énergie, plus d’énergie est consommée. Les injonctions sont contradictoires. Il nous faut à la fois consommer plus pour le bien de l’économie et consommer moins pour le bien de la planète ! Consommer moins signifie aussi consommer moins d’énergie et consommer plus, consommer plus d’énergie. Quoique l’on fasse, on est en faute. Du coup, la grande majorité renonce à trop s’interroger sur notre mode de vie pour éviter de culpabiliser. On ne peut l’en blâmer tant les pouvoirs en place n’apportent pas de solutions à la résolution du conflit provoqué par cette double injonction contradictoire.

La surconsommation en question ?

Cette surconsommation d’énergie apporte-t-elle un plus de confort ? Est-elle vraiment utile pour améliorer nos conditions de vie ? Comment conjuguer l’impératif catégorique culturel qu’est devenu sur le plan économique la nécessité d’une croissance constante qui fait que l’intérêt d’un fournisseur d’énergie reste et, selon l’antenne de l’économie libérale, doit être de toujours vendre plus d’énergie ?

Le distributeur de vernis à ongles : une débilité !

En page 10 d’un magazine féminin (mais les magazines masculins n’ont rien à leur envier), une notule s’enflamme pour une nouveauté qui permettra aux femme de « répondre à leur nouvelle folie make-up » : un distributeur de vernis à ongles. Il est précisé que d’ici l’été, « on le trouvera partout en France ».

Voici donc un nouveau créneau produit qui va augmenter l’activité économique de la France, créer de la richesse et augmenter le PIB. Bref, le distributeur de vernis à ongle, en favorisant la consommation, va stimuler l’activité économique et créer de la croissance.

Ce distributeur va aussi consommer, pour le fabriquer, de la matière première et de l’énergie. Son utilisation nécessitera aussi de consommer de l’électricité.

A première vue, on se dit que cela est bien innocent et que le bilan énergétique ne va pas s’alourdir de beaucoup. Et puis, c’est « fun », du vernis à ongles disponible partout grâce à ce nouveau distributeur. Ce serait vrai s’il n’y avait que ce distributeur ! D’un point de vue de la sobriété énergétique, cette nouveauté est simplement un non-sens, une aberration, une débilité !

Une accumulation de consommation énergétique inutile

Car le problème est là : l’accumulation massive de consommation énergétique inutile. Les exemples sont foison :

  1. Ecrans LCD publicitaires
  2. Portes électriques (trop dur d’ouvrir une porte soi-même)
  3. Suréclairage publique
  4. Ecrans LCD des agences immobilières
  5. Led de veille d’appareils ménagers, informatiques, hi-fi

La liste n’est bien sûr pas exhaustive et chacun est à même, avec un peu d’honnêteté de la poursuivre sans grands efforts. Le résultat demeure : l’accumulation des consommations inutiles finit par alourdir considérablement la facture énergétique global.

La question demeure : est-ce bien nécessaire ?

Du vernis à ongles en distributeur, des écrans LCD publicitaires, des vitrines éclairées toute la nuit ou un poivrier électrique est-ce vraiment nécessaire ? Notre confort et notre bonheur en dépend-t-il ? Faut-il absolument que tout soit disponible tout le temps et partout ? Mon bien-être dépend-il vraiment d’économiser mes forces physiques pour ajouter du poivre à mon dîner ?

Rabat-joie ou bon sens ?

De telles remarques font bien sûr passer son auteur pour un rabat-joie. A la réflexion cependant, l’accumulation des « petites économies d’énergie » permettrait de sérieusement diminuer la consommation énergétique sans impacter réellement notre confort.

Constat d’ébriété

Pour l’instant, le seul constat qui peut être fait est que nous sommes collectivement dans un état constant d’ébriété énergétique et qu’en dépit des discours et de quelques initiatives encore bien timides, notre modèle de société fait tout pour l’entretenir ou l’augmenter. D’ailleurs, les nombreuses projections de la consommation d’énergie mondiale s’accordent à dire que cette dernière doublera d’ici 050 !

Le XXIème siècle sera-t-il biodégradable ? Certains jours, nous en doutons sérieusement !

Thierry Tacite

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