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Le polymère de cacahuète, successeur du bois composite

Argentine / / Amérique du sud

Utiliser les peaux de cacahuètes pour fabriquer des matériaux plastiques, tel est le pari d’un groupe de créatrices industrielles de Córdoba. Le processus permettrait de valoriser des milliers de tonnes de déchets issus de la production d’arachide, pour créer un produit innovant et recyclable.

Le « cacahuètomère » prend la relève

Dans la province de Córdoba, on produit aussi bien des plastiques composites que des arachides. Pour concilier au mieux ces deux activités, deux jeunes créatrices industrielles ont décidé d’incorporer des téguments de cacahuètes aux polymères, créant ainsi le manímero ou « cacahuètomère ».

Le tégument, c’est cette fine enveloppe rougeâtre enveloppant l’arachide, généralement jetée ou utilisée pour l’alimentation animale. Dans la seule région de Córdoba, ce sous-produit représente 10 000 tonnes annuelles, dont seul un très faible pourcentage est valorisé.

Des activités complémentaires

Mélangée à des résines synthétiques, cette source de fibres naturelles permet la fabrication d’un matériau similaire au bois composite, de dureté variable.

Comme les matières plastiques, le manímero supporte différents procédés de mise en forme, tels que l’injection, l’extrusion ou le rotomoulage.

À travers ce projet, les créatrices du polymère d’arachide espèrent inciter les fabricants de plastique à exploiter des déchets agricoles directement disponibles sur place, pour créer un pôle industriel d’avant-garde.

Boucler le cycle productif

Les matériaux composites constitués de polymères et de fibres végétales trouvent de multiples applications dans le domaine de la construction, de la création de mobilier et de la fabrication d’objets domestiques ou décoratifs.

Carolina Sedran, cocréatrice du manímero, espère que son produit ouvrira la voie à une nouvelle génération de matériaux écologiques :

« Dans le futur, nous espérons créer des liens entre les industries de la cacahuète et du plastique afin de proposer de nouvelles formes de production plus propres. L’objectif étant que ce qui sort de l’une puisse être ce qui entre dans l’autre, afin de boucler le cycle productif comme le veut la théorie du développement durable. »

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