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« Le risque de rationnement de l’eau est réel »

Brésil / / Amérique du sud

En cette année 2013 désignée par l’ONU comme Année Internationale de la Coopération pour l’Eau, un Brésilien, Benedito Braga, a été élu Président du Conseil Mondial de l’Eau. Dans une interview accordée au journal Estado de São Paulo, ce dernier critique la lenteur des politiques publiques en matières de gestion de l’eau au Brésil et annonce une crise similaire à celle que traverse le secteur électrique, si rien ne change.

Comment mener la gestion de l’eau face aux changements climatiques ?

Etre préoccupé par les changements climatiques signifie être préoccupé par l’eau. En effet, les inondations seront plus fréquentes et les sécheresses plus longues et sévères. La variation actuelle du climat nous place déjà dans une situation gravissime. Nous faisons un énorme effort pour que les économies changent, pour ne plus émettre de gaz carbone, mais tout cela aura un impact dans des siècles. Il faut donc chercher des mécanismes d’adaptation actuels, avec plus de financements et d’infrastructures hydrauliques pour les pays pauvres. Les politiques ne pensent pas cent ans à l’avance.

Comment le Brésil gère son eau ?

Malgré ses problèmes de politique de gestion hydrique, le Brésil possède un arsenal légal et institutionnel très performant. Les comités des bassins permettent à la société et aux utilisateurs de prendre part aux décisions. Payer pour avoir recours à l’eau n’est pas un impôt en plus, comme certains le pensent. Cet argent paie des agriculteurs qui mettent en pratique des techniques de conservation du sol. Dans ce système, tout le monde est gagnant : les utilisateurs payent, mais ils gagnent en qualité.

Peut-on se servir du modèle de gestion des grandes villes comme celui de New York par exemple?

Il faut faire attention, car ce modèle coûte cher. A New York, la zone qui a été achetée pour protéger les sources naturelles des fleuves a couté très cher. Les sources du fleuve Guandu, qui approvisionne Rio de Janeiro, étaient dans un état merveilleux quand le réservoir a été construit. Malheureusement, aujourd’hui, la zone a été complètement envahie, créant une situation ingérable. C’est d’abord un problème social, on ne peut pas le régler facilement. Pour copier ce modèle ici, il faut donc réfléchir à son coût, aux désappropriations, à la maintenance de la zone pour éviter les invasions. Mais c’est sans aucun doute un modèle bien plus intéressant que celui qui consiste à salir l’eau pour ensuite devoir la nettoyer en aval du fleuve.

Vous nous alertez sur le fait que, dans 10 ans, les villes brésiliennes pourraient avoir des problèmes d’approvisionnement en eau. Comment en est-on arrivé là?

C’est une question culturelle. Nous attendons une menace de rationnement de l’eau pour agir. Nous agirons alors dans l’urgence. Et dans ces cas de sécurité nationale, plus rien ne compte, ni les rapports d’impact environnemental, ni les autres obstacles. C’est ce qui se produit pour les inondations. Quand il y a des glissements de terrains et que des gens meurent, cela provoque un choc émotionnel national, mais un mois après, c’est fini et plus personne n’en parle.

Quels sont vos objectifs pour ces 3 années de mandat?

La sécurité hydrique sera notre principal cheval de bataille. En octobre, nous organiserons une réunion en Hongrie avec le secrétaire-général de l’ONU, Ban Ki-moon, où nous aborderons le thème de l’eau. Elle préparera le 7º Forum Mondial de l’Eau, qui aura lieu en Corée du Sud en 2015. Nous y inviterons des ministres, des maires et des députés du monde entier. Nous discuterons de l’importance d’une bonne gestion de l’eau et des investissements en infrastructures, pour un accès universel à l’eau, et pour son utilisation dans la production d’aliments. En outre, ma mission est de renforcer la visibilité du Conseil Mondial de l’Eau aux yeux du grand public.

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