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Des marais artificiels pour purifier l’eau des lacs

Mexique / / Amérique du nord

Pour en finir avec la pollution aux algues vertes, les chercheurs de l’Université de Mexico ont créé un système de phytoépuration placé en amont des cours alimentant les lacs. Inspiré des jardins flottants aztèques, il permet de débarrasser l’eau des excédents de nitrates et de phosphore.

Des algues toxiques et malodorantes

Situés à deux pas de la capitale, le parc de San Juan de Aragón et son lac font partie des principaux espaces verts de la ville de Mexico et attirent chaque année des millions de visiteurs. S’il est agréable à la vue, le vert intense qui caractérise les eaux du lac inquiète cependant les spécialistes.

Cette coloration est due à la prolifération d’algues microscopiques, qui se développent en raison de la présence excessive de nitrates et de phosphore. Le phénomène provoque des odeurs nauséabondes et peut également se révéler mortel pour les poissons, certaines de ces algues étant toxiques.

Les polluants sont transformés en aliments

Pour limiter leur croissance, les chercheurs de l’Université nationale autonome de Mexico (UNAM), ont créé des marais artificiels capables de transformer ces composés chimiques en source de nutriments pour les végétaux.

Roseaux, papyrus, ipécas, arums ou prêles sont plantés dans un substrat de pierres, de graviers et de sable, où leurs racines filtrent l’eau pour en extraire les éléments chimiques indispensables à leur croissance.

Les plantes ont été placées directement à l’embouchure du cours d’eau alimentant le lac, qui provient d’une station d’épuration voisine. Malgré le fonctionnement correct des installations, celles-ci ne peuvent garantir une qualité optimale de l’eau.

« La technique et la conception de ces équipements sont incapables d’éliminer la totalité des composés (azote et phosphore), qui se transforment en polluants dans les eaux stagnantes », explique Víctor Manuel Luna Pabello, chercheur à la faculté de chimie.

Hortillonnage aztèque

Le projet de marais artificiels sur lequel ont planché les chercheurs de l’UNAM a mis à contribution des architectes, des biologistes et des chimistes pendant près de deux décennies, et s’inspire des chinampas de Xochimilco.

Aussi appelés « jardins flottants », les chinampas permettaient aux Aztèques de cultiver leurs aliments sur des ilots formés de boue retenue par des barrières de roseaux, auxquels on accédait via un réseau de canaux.

Aujourd’hui, les récoltes obtenues dans les marais artificiels du lac de San Juan de Aragón ne sont pas destinées à l’alimentation, mais les joncs peuvent servir à l’artisanat, tandis que d’autres plantes sont utilisées à des fins ornementales ou médicinales.

Au niveau de la qualité de l’eau, les résultats ne se sont pas fait attendre, comme l’explique le directeur des projets du parc, Porfirio Camacho :

« Après quatre mois de fonctionnement, le lac a perdu son odeur nauséabonde, on ne voit plus de poissons morts, et on observe l’arrivée d’oiseaux migrateurs attirés par un meilleur cycle biologique. »

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