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Des toilettes au robinet : controverse autour du recyclage des eaux usées en eau potable

Australie / / Océanie

Une campagne de 10 millions de dollars australiens, partiellement financée par le gouvernement fédéral, vise à convaincre les Australiens de dépasser leur dégoût pour accepter que les eaux usées traitées soient utilisées comme une source d’eau potable.

Une proposition controversée

Le scepticisme du public et la peur de risques sanitaires ont maintenu le concept de recyclage des eaux usées « des toilettes aux robinets » à l’écart des programmes politiques de l’Australie. En 2006, une commune du Queensland s’y est opposée malgré la pénurie d’eau, et en 2008 le gouvernement de l’Etat a été contraint d’abandonner son projet de recyclage des eaux usées face à l’opposition du public.

Les critiques, comme l’expert en maladies infectieuses Peter Collignon, mettent en garde contre les conséquences « catastrophiques » pour la santé publique si le processus de traitement venait à faillir. Pour Rosemary Morley, du collectif ayant lutté contre le projet dans le Queensland, « il ne serait pas naturel pour le citoyen ordinaire moyen de penser à traiter les eaux usées puis à en extraire de l’eau. C’est une option tiers-mondiste ».

Une campagne de promotion nationale

Mené par l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, le programme de communication autour du concept de recyclage des eaux usées vise à montrer que le traitement des eaux est fiable et sans danger. Des programmes éducatifs, une campagne dans les médias sociaux et des projets de démonstration sont prévus pour convaincre les ménages, les étudiants, les politiques et l’industrie de l’eau.

Le programme intervient alors que le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud vient de créer la surprise l’année dernière en annonçant une étude de viabilité concernant l’introduction des eaux usées traitées dans les sources d’eau potable métropolitaines, rompant avec la position du gouvernement précédent. L’annonce faisait suite à un rapport de la Commission de la productivité présentant le recyclage des eaux usées en eau potable comme moins onéreux que le dessalement, malgré les coûts plus élevés de gestion des risques sanitaires.

En Nouvelle-Galles du Sud, 60 000 habitants consomment déjà une eau issue du traitement des eaux usées, pluviales et fluviales.


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