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Les OGM sèment la discorde

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Seul pays européen à cultiver des OGM à grande échelle, l’Espagne affronte un important rejet de ces technologies au niveau local. Après d’autres communautés autonomes comme le Pays Basque ou la Galice, l’Andalousie s’apprête à son tour à interdire les variétés modifiées génétiquement, mais tous les producteurs ne sont pas convaincus.

Une vue d’une récolte de maïs à Tabernas (Almería). / JOAN SANTA CRUZ (® PHOTO DE PRESSE)

L’Espagne compte 100 000 hectares de maïs OGM

Décidé à faire valoir l’un des accords passés avec le parti socialiste (PSOE) dans le cadre d’un pacte gouvernemental, le parti Izquierda Unida (IU) a soumis à la junte d’Andalousie un moratoire considérant la suspension de toutes les autorisations de culture ou d’importation d’OGM.

Si la décision est attendue par de nombreux militants écologistes, elle ne manquera pas de raviver les conflits au sein du monde agricole. Les biotechnologies divisent profondément les différentes organisations paysannes, et une trentaine de plantations à caractère scientifique portant sur des semences de maïs et de coton ont déjà été autorisées par la communauté autonome d’Andalousie.

À l’heure actuelle, l’Espagne est le seul pays de l’union européenne à autoriser les OGM à grande échelle. La surface de maïs OGM est estimée à 100 000 hectares, dont 10 000 se trouvent sur le sol andalou.

 « Nous sommes opposés aux OGM en raison de leur impact agricole et environnemental, de la dette qu’ils entraînent pour les producteurs et du rejet de la part des consommateurs, auxquels s’ajoutent les récentes constatations concernant les problèmes de santé qu’ils peuvent provoquer », signale Lola Quintana, responsable de l’agriculture du groupe parlementaire de l’IU.

Une menace pour l’agriculture bio ?

Le moratoire proposé par la formation politique devrait permettre à l’Andalousie de rejoindre le groupe de communautés autonomes espagnoles ayant interdit les OGM, déjà constitué des Asturies, du Pays Basque, de la Galice, des Baléares et des Canaries. Des motions allant dans ce sens ont également été approuvées dans une cinquantaine de communes andalouses.

« Les cultures OGM satisfont uniquement les besoins des grandes multinationales agroindustrielles, sans que leur intérêt ait été démontré pour l’agriculture paysanne et familiale et sans que leur innocuité ait pu être démontrée ; c’est un véritable suicide social, environnemental et économique pour notre région », s’indigne Eva García Sempere, coordinatrice de l’IU pour l’Environnement.

Les écologistes dénoncent le coût élevé de ces pratiques pour les agriculteurs, les semences OGM étant vendues bien plus chères que les variétés traditionnelles. Les associations de producteurs bio s’inquiètent par ailleurs de la menace que font peser les OGM sur la région. L’agriculture écologique s’étend en effet sur 900 000 hectares en Andalousie, et représente 40 % de la production nationale.

Les OGM peuvent-ils sauver la production espagnole de coton ?

Mais les variétés génétiquement modifiées comptent également de farouches partisans : les producteurs de coton et de betterave espèrent que les variétés résistantes aux organismes nuisibles permettront à ces secteurs plongés dans une situation critique de retrouver une rentabilité économique satisfaisante.

Selon une étude de la fondation Atama, 99 % des agriculteurs ayant planté des semences OGM en 2010 ont signalé une augmentation de leurs profits et 93 % ont déclaré qu’ils continueraient à les utiliser.

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