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Disparition des papillons : les causes restent incertaines

Mexique / / Amérique du nord

Les spécialistes s’inquiètent du déclin brutal de la population de papillons Monarques, dont le nombre a chuté de 59 % en 2012. En cause, les variations extrêmes du climat et la raréfaction de certains types de fleurs, due à l’utilisation massive d’herbicides dans les champs OGM.

©Deanster1983 (Flickr)

Le futur de l’espèce est compromis

Emblématiques des espaces naturels nord-américains, les Monarques fuient l’hiver et se réfugient chaque année au Mexique, formant des colonies de plusieurs millions d’individus. Cette migration de plusieurs milliers de kilomètres est l’occasion pour les spécialistes de procéder au recensement annuel de leur population, en mesurant la surface des zones d’hibernation, situées dans l’État du Michoacán.

Cette année, les Monarques occupent 1,19 de forêt, contre 2,89 en 2011, soit une baisse de 59 %.

Lincoln Brower, spécialiste au Sweet Briar College de Virginie, a étudié les Monarques au cours des 59 dernières années. Il estime que cette chute brutale est de mauvais augure pour le futur de l’espèce :

« Non seulement la population a atteint le niveau le plus bas des 20 dernières années […] mais il s’agit également de la continuation d’une chute statistiquement significative de la population de Monarques qui a commencé il y a au moins 10 ans. »

Sécheresse et chaleur : un cocktail mortel

Les brusques changements climatiques auxquels ont été exposés les papillons en âge de se reproduire pourraient expliquer en partie ce déclin. Aux États-Unis et au Canada, le printemps et l’été 2012 ont été particulièrement difficiles.

« Les températures supérieures à 35°C peuvent s’avérer fatales pour les larves, tandis que les œufs se déshydratent par temps chaud et sec, faisant diminuer le taux d’éclosion de manière drastique », signale Omar Vidal, président de WWF Mexique.

L’autre raison avancée par les spécialistes pour expliquer le phénomène a trait à la disparition progressive de l’asclépiade, une fleur sauvage constituant l’unique aliment des larves de Monarques.

« Les papillons qui migrent en direction du Mexique se nourrissent d’asclépiades dans les champs de soja et de maïs aux États-Unis. L’utilisation d’herbicides pour éliminer cette plante, considérée comme une mauvaise herbe toxique pour le bétail, a réduit la disponibilité d’asclépiades de 58 % », indique Omar Vidal.

Une coopération internationale est nécessaire

L’écologiste rappelle que le Mexique a fait d’importants efforts pour préserver l’habitat du Monarque en luttant contre l’exploitation forestière illégale de grande échelle dans la région d’hibernation. Il appelle le Canada et les États-Unis à s’engager eux aussi en faveur du papillon, en limitant le recours aux herbicides.

Lincoln Brower rappelle néanmoins que si les produits utilisés dans les champs OGM constituent une menace sérieuse, ils n’expliquent pas tout. L’entomologiste estime que le déclin historique de la population de Monarques au cours des 19 dernières années est dû à un ensemble de facteurs, lié à l’ensemble des activités humaines des trois pays nord-américains.

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