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Les dernières tribus non contactées, prochaines victimes des compagnies pétrolières

Pérou / / Amérique du sud

Un consortium international s’apprête à extraire du gaz naturel dans une réserve d’Amazonie occupée par les derniers peuples isolés du Pérou. Les phases exploratoires auraient déjà décimé la moitié des populations locales, en propageant des virus contre lesquels les Indiens ne sont pas immunisés.

©Rodolfo E. Edelmann

Le plus gros gisement du pays se trouve sur les terres des Indiens

Pour le Pérou, Camisea est un véritable trésor enfoui au milieu de la jungle : le sous-sol abrite en effet le plus gros gisement de gaz du pays. Mais pour les populations autochtones, le projet menace de tourner au cauchemar et pourrait bien signer leur disparition définitive. Au cours d’une récente manifestation à Londres, l’ONG Survival International a remis au président Ollanta Humala une pétition signée par plus de 120 000 personnes, demandant l’arrêt de l’expansion de l’exploitation. Le projet Camisea est entre les mains d’un consortium international constitué par le groupe espagnol Repsol, l’Américain Hunt Oil, le Sud-Coréen SK, l’Algérien Sonatrach et par deux compagnies argentines, Techpetrol et Pluspetrol.

Les tests sismiques nécessiteront des milliers d’explosifs

La requête de Survival fait suite à un avertissement de l’ONU, qui sollicitait en mars dernier la suspension immédiate des plans d’expansion du projet, qui « menacent la survie physique et culturelle des peuples autochtones habitant la région ». L’exploitation du gaz aura lieu en plein cœur de la réserve naturelle Nahua-Nanti, initialement créée afin de protéger les terres et le mode de vie des tribus non contactées. Selon Survival International, « Les entreprises prévoient à présent de mener à bien des tests sismiques dans la jungle, qui nécessiteront l’utilisation de milliers d’explosifs et la perforation d’une vingtaine de puits d’exploration. »

Des peuples vulnérables aux maladies et à la pollution

L’ONG dénonce des opérations violant un décret de 2003, visant justement à interdire toute expansion du projet. « Ces Indiens font actuellement partie des populations les plus vulnérables de la planète, car ils ne sont pas immunisés contre les maladies les plus courantes, ce qui veut dire que tout contact avec eux peut leur être fatal », s’indigne Rebecca Spooner, responsable de Survival International. Selon elle, les premières phases d’exploration menées à bien au cours des années 1980 sur ce territoire sauvage ont déjà coûté la vie à la moitié de la tribu Nahua.

« Au-delà du contact, il faut également prendre en compte les perturbations sur la faune dont dépendent les tribus, ainsi que la pollution de l’eau et de l’air », ajoute l’activiste. Malgré ces avertissements, le ministère de l’Énergie et des Mines du Pérou a déjà approuvé une partie du projet en 2012, et serait sur le point d’autoriser la seconde phase d’expansion.

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