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Cuba, pays champion des droits de l’homme ?

Cuba / / Amérique centrale

Enseignement primaire universel, éradication de la pauvreté, égalité des genres… Dans bien des domaines, Cuba affirme avoir atteint les objectifs du Millénaire malgré l’embargo imposé par les États-Unis. Seule ombre au tableau, l’annonce a lieu le jour même où un groupe de dissidentes cubaines se voit remettre un prix pour sa lutte en faveur des prisonniers politiques.

©Hvd69

À Cuba, les femmes occupent des postes clés

Réputée pour l’excellence de son système de santé et son taux d’alphabétisation frisant les 100 %, Cuba affiche également d’excellents résultats en matière d’égalité des genres, de reconnaissance des minorités ou encore de lutte contre le sida.

Selon les médias officiels, la proportion de femmes atteint 48,86 % à l’Assemblée nationale tandis qu’elles raflent 13 des 31 sièges du Conseil d’État. Elles représentent également 53 % des chercheuses et occupent plus de 70 % des postes dans l’éducation et la justice.

Ces réussites sont synthétisées dans un rapport de 30 pages destiné au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, et font l’orgueil du gouvernement cubain.

« Cuba est l’un des pays qui a le mieux respecté les objectifs du Millénaire », déclarait Abelardo Moreno, vice-ministre des Affaires étrangères, à l’occasion de la présentation du document.

Le fonctionnaire cubain souligne que ces indicateurs positifs liés au bien-être de la population sont d’autant plus remarquables que le développement de l’île souffre de l’embargo américain depuis près de cinq décennies.

Les droits de l’homme, questionnés au parlement européen

Bien loin de la Havane, tandis que les autorités cubaines présentaient leur rapport à un groupe de journalistes nationaux et étrangers, Cuba était cependant évoqué en des termes moins élogieux face aux députés européens, à Bruxelles.

Huit ans après s’être vu décerner le prix Sakharov par le parlement européen, les membres du groupe dissident des Dames en Blanc ont enfin pu venir chercher leur récompense. À l’époque, en 2005, la loi cubaine leur interdisait en effet de quitter le territoire sans visa.

La récente réforme migratoire de janvier dernier ayant supprimé cette démarche, le groupe de Cubaines a pu se rendre en Europe pour la remise du prix, source de conflit entre l’UE et Cuba.

En 2003 le gouvernement cubain décidait d’emprisonner 75 opposants accusés d’avoir reçu de l’argent provenant des États-Unis pour saper la révolution, les condamnant à des peines allant jusqu’à 25 années de réclusion.

Pour réclamer leur liberté, les épouses et les mères des dissidents allaient entamer un long combat pacifique, donnant naissance au groupe des « Dames en Blanc ».

Les médecins cubains mériteraient bien un prix eux aussi

Critiquant durement ces incarcérations arbitraires, l’Union européenne a salué à sa manière la lutte de ces femmes en leur remettant en 2005 le prix Sakharov. Au fil des ans, tous les prisonniers ont été libérés, mais les Dames en Blanc ont décidé de continuer leur lutte en tant que groupe d’opposition.

Pour Abelardo Moreno, le fait que la présentation du rapport destiné à la Commission des droits de l’homme coïncide avec la remise du prix aux dissidentes est simplement le fruit du hasard.

Interrogé sur ce sujet, le fonctionnaire a néanmoins déclaré qu’il serait tout aussi opportun de décerner un prix aux médecins cubains qui travaillent à Haïti, ou aux campagnes d’alphabétisation ou d’ophtalmologie que Cuba mène dans divers pays d’Amérique latine.

« Ce sont des actions qui méritent bien une récompense », a déclaré le vice-ministre.

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Derniers commentaires

  1. juan

    De manière plus surprenante, Soler a également exigé la libération de « tous les prisonniers politiques ». Or, selon Amnesty International, il n’y a aujourd’hui plus aucun prisonnier politique à Cuba. L’Agence de presse espagnole EFE a rappelé que « Cuba a libéré tous les détenus qualifiés par Amnesty International comme étant des prisonniers de conscience[3] ».
    La BBC de Londres le confirme : « Les prisonniers ont tous été libérés au cours de l’année passée [2010] en vertu d’un accord obtenu par l’Eglise catholique romaine, et certains d’entre eux se sont exilés en Espagne. Mais les Dames en Blanc ont continué à manifester pour la libération d’environ 50 autres prisonniers condamnés pour des crimes violents tels que des prises d’otages, qu’elles considèrent comme étant politiques[4] ».
    De son côté, l’Agence étasunienne Associated Press a noté que ces derniers « ne devraient normalement pas être considérés comme des prisonniers politiques […]. Une étude plus attentive permet de voir la présence de terroristes, de preneurs d’otages et d’agents étrangers » dans la liste. Elle souligne qu’ils « ont été condamnées pour terrorisme, prise d’otages et autres crimes violents, et quatre d’entre eux sont d’anciens militaires ou agents des services de renseignement condamnés pour espionnage ou pour avoir révélé des secrets d’Etat[5] ». Certains ont réalisé des incursions armées à Cuba et au moins deux d’entre eux, Humberto Eladio Real Suárez et Ernesto Cruz León, sont responsables de la mort de plusieurs civils, respectivement en 1994 et en 1997[6].