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L’ inconscience écologique d’un député crée la polémique

Brésil / / Amérique du sud

Selon le Ministère Public, le député Jair Bolsonaro, s’insurgeant de ne pas avoir le droit de pêcher dans une zone de préservation écologique, réclame « un véritable blanc-seing en Justice ». Une demande “impensable” du point de vue juridique et qui montre que la conscience écologique de certains députés brésiliens manque de maturité.

©Wilson Dias/ABr

Bras de fer avec la justice

Le député du Parti Populaire a entamé un véritable bras de fer avec les entités de protection de l’environnement, sous le prétexte de soutenir les pêcheurs de la région de la Costa Verde. Le parlementaire a sollicité un mandat de sécurité auprès de la Justice Fédérale afin d’autoriser la pêche dans la zone écologique préservée de Tamoios, à Angra dos Reis. Or, dans cette zone, toute intervention humaine a été interdite. Une enquête a par ailleurs été ouverte à l’encontre du député pour crime environnemental.

« Ce mandat de sécurité est personnel, destiné uniquement à lui. S’il avait voulu aider d’autres personnes, il aurait choisi une action populaire, par exemple, ou une action civile publique au nom d’une association. Les pêcheurs ont des associations mais aucune n’a fait de demande » affirme le procureur de la République, Mauicio Manso.

C’est suite à une amende de 10 000 R$ (4000 euros) de l’Institut Brésilien de l’Environnement (Ibama) pour pêche illégale, que le député a initié son bras de fer en justice. « Nous étions en patrouille lorsque nous avons croisé l’embarcation du député, qui a refusé de s’identifier. Mais nous l’avons reconnu immédiatement. Il s’est montré arrogant et prétentieux » rappelle le chef du bureau de l’Ibama à Angra, José Augusto Morelli.

La communauté des pêcheurs nie tout soutien

Le député affirme avoir été humilié par les surveillants, et souligne qu’il n’y a pas de signalisation sur l’Ile de Samambaia : « Ces gens de l’Ibama sont arbitraires. J’avais juste une canne à pêche, pas de harpon, je n’étais pas à bord d’un chalutier. Ce qu’ils font est absurde. Il y a près de 15 000 humbles pêcheurs que l’on empêche de travailler dans la zone. J’attrapais juste quelques gorettes blanches. J’aurais pu en acheter à la poissonnerie, mais je voulais exercer ma passion. J’ai une maison là-bas, simple, pas comme celle d’autres collègues. Même si je sais que la pêche n’est pas autorisée là-bas, car j’ai fait une demande auprès du Ministère de la Pêche, je trouve cette interdiction absurde ».

Alors qu’il prétend défendre les pêcheurs, le président de la Communauté des Pêcheurs Z18 de Paraty, Márcio de Alvarenga Oliveira, nie tout soutien de la part du parlementaire : «  Nous luttons pour les droits des pêcheurs nés dans la région, qui font vivre leur famille grâce à la pêche artisanale. Nous avons 1 100 associés. Nous sommes des professionnels et, grâce à un accord avec l’Esec Tamoios, nous pouvons pêcher à certains endroits précis, sans porter atteinte à l’environnement. Ce Mr Bolsonaro, dont je n’aime pas citer le nom, s’insurge parce qu’il a été pris en flagrant délit de dégradation. Mais il ne nous représente pas » affirme Márcio.

Deux projets de loi dans la région

Deux projets de loi ont été déposés par des députés locaux afin d’autoriser la pêche artisanale et amateure dans la réserve de Tamoios. Pour Monique Cheker, procureur de la République, ces deux projets sont inconstitutionnels et représentent un retour en arrière. « Il y a d’autres îles où la pêche est autorisée, pourquoi le faire dans une unité de protection intégrale ? » soutient-elle.

Régis Pinto de Lima, chef de l’Esec Tamoios, rappelle l’origine de cette réserve et son rôle: « Elle a été créée comme une sorte de compensation au programme nucléaire brésilien. Si un accident devait se produire dans l’usine nucléaire d’Angra, c’est dans la réserve que les chercheurs viendront étudier les impacts environnementaux et inverser le processus. »

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