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Les Français prêts pour la transition énergétique

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La conférence de présentation des résultats sur la grande enquête nationale sur la transition énergétique s’est tenue mercredi 12 Juin 2013 dans les locaux du Conseil économique, social, et environnemental (CESE).

© Anna Regelsberger

Initiée par la Fondation Européenne pour le Climat, en relation avec le CESE, elle s’inscrit dans une large réflexion et débat sur le futur énergétique en France. Ce grand sondage réalisé par Harris Interactive avait pour principale vocation de mieux appréhender la manière dont les Français, citoyens et dirigeants d’entreprise, intègrent les enjeux environnementaux, industriels, économiques et sociaux soulevés par la transition énergétique.

Transition énergétique et environnement : une priorité pour tous les Français

« J’ai été frappé du niveau de perception du peuple envers les enjeux environnementaux. » C’est par ces mots que Jean-Paul Delevoy, président du CESE a introduit la conférence. Une perception qui se veut de plus en plus aiguisée à la lumière de ce premier chiffre : 85% du grand public français pense qu’il « est urgent de très vite mettre en œuvre la transition énergétique ». L’argument de la protection de l’environnement est pour la majorité d’entre eux (46%) l’enjeu primordial de cette transition, et les énergies renouvelables apparaissent comme la solution privilégiée pour réussir cette transition.

Si ces statistiques témoignent d’une sensibilité écologique accrue du grand public – ce qui est en soi une excellente nouvelle – les suivantes ont de quoi en surprendre plus d’un(e)s.

Interrogés, les dirigeants d’entreprise considèrent majoritairement (81%) la transition énergétique comme urgente et nécessaire à la France. 48% pensent que le principal enjeu de celle-ci est environnemental et 95% de ces derniers préconisent le développement des énergies renouvelables comme condition de sa réussite. Il n’est donc pas erroné d’affirmer que ces deux strates de la sphère civile participent d’une sensibilisation à l’écologie quasi-similaire.

Fait étonnant : 88% de ces dirigeants d’entreprise croient que les énergies renouvelables peuvent être un réel atout pour la compétitivité du pays. Le rejet courant de ce type d’énergie, jugée peu rentable, s’en retrouve contré par ceux qui sont justement parmi les acteurs privilégiés de cette économie.

Ce premier constat fait partie des éléments qui ont le plus interloqué Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique & opinion d’Harris Interactive : « Concernant cette question de la transition énergétique, nous nous attendions à ce qu’il y est une divergence claire entre le grand public et les dirigeants de firmes françaises. Au regard des chiffres mis en exergues au sein de ce sondage, nous avons constaté que c’est tout le contraire. Ces deux grands ensembles de la société française partagent à quelques différences près, une vision commune concernant le futur énergétique de l’hexagone. »

L’engagement du grand public

S’ils se sentent pour la plupart concernés par l’avenir énergétique et environnemental français, quels sont selon les Français les acteurs moteurs de l’avancée concrète de la transition ? Aussi, à quel degré pensent-ils pouvoir agir sur la transition énergétique du pays ?

Seulement 50% du grand public accorde sa confiance aux pouvoirs publics dans leur capacité à s’impliquer en faveur de cette démarche d’avenir. Paradoxalement, 53% jugent « avoir le pouvoir d’agir individuellement sur celle-ci ». Ils sont pour la plupart « prêt à faire des efforts au niveau individuel afin d’y contribuer ». A condition « de ne pas payer plus chers des produits taxés en raison de leur émission carbone ou même de diminuer la taille de leur logement ».

L’implication des dirigeants d’entreprise

Les dirigeants d’entreprise sont de leur côté 90% à penser qu’il est du devoir des instances publiques d’actionner les leviers principaux de cette transition ; car « ce sont eux qui possèdent le rôle le plus décisif du fait de leur grande capacité d’action au niveau exécutif. » Une donnée qu’il convient de tempérer puisque seulement 50% de ces dirigeant de l’entreprenariat avouent « pouvoir œuvrer concrètement en faveur la transition. » Le secteur de la construction est par ailleurs celui qui se considère comme le plus inapte à agir.

Transition énergétique et croissance économique compatibles

A la question de l’impact de la transition énergétique sur l’économie et la compétitivité, le grand public pense majoritairement (83%) qu’il deviendra véritablement bénéfique à long-terme. Idem du côté des chefs d’entreprise (91%).

A court-terme, les deux parties pensent qu’il faudra faire bon nombre d’efforts dont les fruits positifs n’apparaitront pas tout de suite. Ces ‘’fruits positifs’’ semblent être pour la plupart, « la création de nouveaux emplois », « la relance de la croissance économique du pays », « l’attractivité des entreprises françaises », « l’innovation technologique », et « l’ouverture de nouveaux marchés ».

Citoyens et dirigeant politiques : deux temps d’action.

« Cette enquête d’opinion montre encore une fois que les citoyens sont en avance sur les élites » a déclaré Delphine Batho, ministre de l’Ecologie lors de son allocution à la conférence. A la lumière des données reçues, il est difficile de contredire cette affirmation. Elle semble juste, et met en valeur la grande maturité de la société civile tricolore en matière de développement durable.

Toutefois, cette enquête témoigne d’un écart encore trop grand entre les aspirations citoyennes et l’action publique en faveur de cette transition. Il est vrai que des efforts ont bels et bien réalisés par le pouvoir exécutif – insuffisant selon les Français.

Il y a donc deux temps d’action. Et l’on espère qu’au regard de l’urgence écologique dans laquelle se trouve la planète, ces deux temps fusionneront dans une action commune et efficace. La transition bleue, blanc, rouge est ouverte !

Mathieu Viviani

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Derniers commentaires

  1. Jean-Pierre Bardinet

    Nos centrales électriques couvrent nos besoins, sauf pendant quelques jours en hiver, par grand froid. Par exemple, en 2011, nous avons importé de l’énergie électrique pendant 4 jours et exporté pendant 361. Mais, pour des raisons dogmatiques, le Grenelle de l’Environnement a décidé de nous inonder d’éoliennes et de panneaux solaires, sans se soucier des conséquences pour les entreprises et les citoyens….

    Le taux de charge de l’éolien est 22%, celui du solaire 15% sous nos latitudes (source : RTE), et la fourniture d’énergie est intermittente. Par exemple, en hiver, quand un anticyclone couvre le pays, il n’y a pas de vent et peu de lumière. Donc, les EnR ne fournissent rien quand elles seraient utiles. Je résume : pour satisfaire aux fantasmes des « khmers verts », on nous fait payer des EnR inutiles, onéreuses, et qui défigurent nos paysages. On taxe le contribuable, on augmente les dépenses énergétiques du consommateur, on réduit la compétitivité de nos entreprises, tout cela pour des prunes. La Cour des Comptes a chiffré à 6,7 M€ en 2017 le surcoût que nous devrons supporter suite à des décisions politiques absurdes. Comprenne qui pourra… Or, pourquoi des EnR? Pour limiter nos émissions de méchant CO2 anthropique, source de tous les maux de la Terre, en oubliant de dire que notre électricité nucléaire n’en produit pas….et que le rôle du méchant CO2 n’est non seulement pas prouvé, mais faux. On oublie aussi de nous dire que les EnR nécessitent des centrales à démarrage rapide (gaz) pour pallier à leurs fluctuations de puissance et à leur intermittence. On oublie aussi de nous dire que les EnR nécessitent un renforcement des réseaux de transport, ce qui coûte fort cher…

    Les éoliennes
    Quant aux éoliennes, voici quelques informations utiles sur leurs défauts majeurs, soigneusement cachés par le mythe de la transition énergétique.
    – elles défigurent les paysages et réduisent les surfaces cultivables
    – leur fonctionnement est intermittent et imprévisible
    – la puissance fournie est fluctuante : elle est nulle pour V (vitesse du vent) inférieure à 5 m/s, soit 18 km/h. Elle augmente continûment pour 5 m/s <V <15 m/s, donc la puissance fournie (P) est fluctuante. P est à peu près stable pour 15 m/s < V < 25 m/s, donc entre 54 km/h et 90 km/h. Au-delà, P est nulle, pour des raisons de sécurité de l’éolienne.
    – leur taux de fonctionnement mesuré est de 30%
    – elles nécessitent des centrales à démarrage rapide (gaz, charbon, fuel) pour pallier aux fluctuations de production d’énergie.
    – le coût du kWh éolien est élevé, et EDF a obligation d'acheter tous les kWh éoliens produits (d'où la taxe CSPE sur nos factures EDF)
    – les réseaux de transport d’énergie doivent être étendus et renforcés, ce qui coûte très cher (RTE parle de 30 à 50 milliards d’euros, introuvables en cette période de crise économique, sauf à plumer une fois de plus le pauvre contribuable…)
    – elles massacrent les chauves-souris et les oiseaux (ce que l'on nous cache soigneusement), notamment les oiseaux de proie et les migrateurs (source : SOE – Société Ornithologique Espagnole)
    http://www.aveniretpatrimoine88.com/
    – elles génèrent des nuisances sonores, notamment à cause des infra-sons (en Allemagne du Nord, nombre de citoyens excédés par ces nuisances sonores qui mettent leurs organes internes en résonance, créent des comités de défense et entament des procédures)

    Quelques chiffres
    Sources :
    http://www.developpement-durable.gouv.fr/Tarifs-d-achat,12280.html
    http://www.cre.fr/documents/deliberations/avis/eoliennes-en-mer/consulter-la-deliberation
    Eolien : Coût du kWh: 8,2 c€ pour le terrestre et 20 c€ pour le marin, soit 2 fois et 5 fois plus que le nucléaire.
    Solaire : Coût du kWh: 20 c€ pour les grandes installations et 31 c€ pour les petites installations, soit 5 fois et près de 8 fois plus que le nucléaire.
    Hydroliennes : 40c€/kWh

    L’éolien et le solaire ne permettent pas de traiter les pointes hivernales, notamment le soir. En hiver, quand un anticyclone froid s'installe sur le territoire, il n'y a plus de vent, donc la fourniture de l'éolien est quasiment nulle, et celle du solaire est minimale, compte tenu du faible ensoleillement, alors que la demande d'énergie électrique pour le chauffage et l’éclairage est maximale…

    La politique de l’UE en matière de climat et d’énergie est parfaitement déraisonnable. Est-ce cette Europe que nous voulons ? Voulons-nous cette Europe castratrice, dictatoriale, aveugle à la réalité et aux vrais besoins des citoyens ? Même si le CO2 avait une action mesurable sur Tglobale (ce qui est faux), même si l’augmentation observée du taux de CO2 troposphérique était due essentiellement à nos émissions anthropiques (ce qui est faux), cela n’aurait aucune incidence sur les évolutions du climat, les émissions de CO2 par les pays de l’UE étant marginales par rapport à celles des pays émergents. Et ce déséquilibre ira en augmentant.

    Donc, pour traiter un problème climatique inexistant, pour « sauver la planète » (belle absurdité ! La planète se contrefiche de nos émissions de CO2 et de CH4, et elle se portera fort bien, quoi que nous fassions), l’UE, noyautée par les ONG environnementalistes les plus radicales, crée un commissariat chargé du climat (ubuesque !…), met en place un système de bourse d’échange carbone, source de tous les abus et de toutes les malversations, sort nombre de règlements et de normes aussi inutiles que néfastes pour nos économies… et impose aux Etats une transition énergétique qui les mène droit dans le mur.

    Toute cette absurdité se décline au niveau national. Le Grenelle de l’environnement a repris à son compte la politique de l’UE et l’Etat nous l’impose à présent sans ménagements. La mécanique techno-bureaucratique est en marche, et les Régions préparent leurs plans climat-énergie, dont on sait qu’ils ne serviront à rien, si ce n’est à plumer le citoyen contribuable-consommateur et à torpiller la compétitivité de nos entreprises.

    Faire plus absurde, est-ce possible ?

  2. Jean-Pierre Bardinet

    Depuis 10 ans on nous bassine avec l’urgence de réduire nos émissions. L’UE a promulgué nombre de règlements et de normes contraignantes et nos Etats de l’UE développent de manière inconsidérée les EnR, onéreuses et intermittentes, ce qui a pour conséquence de réduire le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité de nos entreprises. Faire plus absurde me semble difficile, et tous ces braves politiciens et techno-bureaucrates irresponsables feraient mieux de s’occuper des vrais problèmes, pas de chimères climatiques