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Le pacifique doit se préparer à l’exploitation minière des grands fonds marins

/ Océanie

Combien et comment l’exploitation minière des grands fonds marins va-t-elle profiter aux communautés du Pacifique ? Quelles seront les incidences sur l’environnement ? Qui contrôlera les ressources ? Alors que la région s’apprête à accueillir une nouvelle industrie minière, Aliki Faipule Foua Toloa, de la Commission Océan Mondial, invite le Pacifique à réfléchir aux implications pour les populations et l’environnement.

© Sarah Kelemen

« L’ère de l’exploitation minière des grands  fonds approche, nous devons être prêts pour son avènement »

Avec des prix ayant quintuplé depuis 2004 et une demande importante pour les technologies vertes, les ressources minérales des grands fonds ont le potentiel d’apporter beaucoup aux communautés du Pacifique. Mais seulement si leur exploitation se fait dans de bonnes conditions. « Nous devons nous préparer à l’ère de l’exploitation minière des grands fonds ; nous avons besoin d’un ensemble de règles strictes fondées sur des critères sociaux et environnementaux, de préférence faites lois nationales », déclare Faipule Foua Toloa.

En outre, il préconise des normes harmonisées dans toute la région, afin d’éviter que les compagnies minières ne choisissent d’explorer les fonds de pays plus conciliants ou moins à même de mettre en application une législation stricte.

Une responsabilité envers les générations futures

« Nous ne sommes plus impuissants face aux intérêts commerciaux comme nous l’avons été autrefois », déclare Faipule Foua Toloa. De même que le Pacifique a su reprendre le contrôle de ses ressources halieutiques en créant des aires protégées, en établissant des quotas et en poursuivant les navires pratiquant une pêche illégale, Faipule Foua Toloa espère que la région saura contrôler l’exploitation de ses ressources minérales marines.

« Si nous pouvons faire cela avec les poissons, nous pouvons aussi le faire avec les minéraux des grands fonds. Mais il existe une différence majeure : tandis que les poissons sont une ressource renouvelable, si nous ne les gérons pas correctement, les minéraux ne le sont pas. Ils représentent une occasion unique de créer des richesses pour nos îles et nos enfants. Si nous voulons faire durer ce patrimoine au-delà d’une seule génération, nous devons pousser plus loin la recherche de pratiques optimales ». Faipule Foua Toloa évoque l’exemple de la Norvège, qui a investi les revenus des activités gazières et pétrolières de la mer du Nord dans un fonds spécial destiné aux générations futures ; il encourage le Pacifique à étudier des solutions similaires.

Un rôle de premier plan dans les débats mondiaux

Au-delà des juridictions nationales, Faipule Foua Toloa évoque l’importance de la participation du Pacifique dans les débats sur la gestion des ressources en haute mer : « Les premières concessions de l’Autorité internationale des fonds marins seront probablement attribuées dans les dix prochaines années, et dans le Pacifique. Nous avons donc un intérêt majeur concernant la manière dont les réglementations [sur le partage des avantages] sont rédigées et la garantie que les normes environnementales sont respectées. Les gouvernements du Pacifique peuvent et doivent être impliqués dans le processus et se montrer actifs et engagés dans les délibérations de l’Autorité internationale des fonds marins. »

Le débat sur l’exploitation minière des grands fonds marins continue de susciter de nombreuses réactions dans la région.

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Derniers commentaires

  1. Le débat sur l’exploitation minière des fonds marins est essentiel et il faut espérer que cela résulte sur des décisions raisonnées et objectives car si c’est une bonne chose pour le Pacifique du point de vue économique, cela peut avoir des conséquences terribles sur l’environnement