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Biodiversité et humanité, une même nature

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Diffusé sur France 5 le jeudi 1er Août à 13h40, Le Voyage d’Ulysse La biodiversité menacée est le premier volet d’une série documentaire consacrée au développement durable. Une invitation à approfondir une notion aussi vieille qu’actuelle.

© HéliosVal

La biodiversité en lien direct avec l’humain

«  On ne s’en rend peut-être pas compte, mais on se nourrit grâce à la biodiversité, on s’habille grâce à la biodiversité, on habite grâce à la biodiversité  ». Cette phrase prononcée par Thierry Tatoni, directeur de l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie sonne comme un rappel. En effet et heureusement, les termes généraux de la notion de biodiversité tendent à être compris par le plus grand nombre actuellement. La sensibilisation de nos esprits à la problématique environnementale nous a permis d’intégrer que la sauvegarde du ‘’patrimoine millénaire de la nature’’ se révèle essentielle.

Mais comme l’évoque cette brillante remarque, on prend conscience que la biodiversité n’est pas qu’une affaire « végétale » ou « animale ». Cela va encore plus loin. Celle-ci entretient un lien intrinsèque avec l’être humain depuis des millénaires. Rien que ça ! Et c’est là tout le génie de ce documentaire : nous montrer que culture agricole humaine peut aller de pair avec préservation de la biodiversité. Mieux, en fonction de ses méthodes, elle peut être le lait de sa croissance.

Le bassin méditerranéen, est le terrain choisi par ce documentaire pour illustrer toutes les potentialités de cet équilibre. Ce carrefour des cultures de 530 millions d’habitants répartis dans 23 pays est une véritable pépinière de biodiversité. Elle est d’ailleurs le lieu qui en abrite le plus en Europe.

Le voyage télévisuel proposé ici emmène son téléspectateur dans quatre lieux essentiels, berceaux de la biodiversité méditerranéenne.

Almeria ou la biodiversité menacée

Connue pour ses tomates vendues dans l’ensemble du vieux continent, la région sud-est espagnole d’Almeria intrigue autant pour son écosystème proche de celui de l’Afrique, que pour ses 30 000 hectares de serres légumières qui esquissent un paysage ressemblant à un « océan de plastique ». Malgré les efforts fournis par certains producteurs, cette culture « intensive » continue à perturber la biodiversité de la steppe. L’érosion des sols ainsi que les pesticides encore utilisés font des ravages dans un environnement qualifié à tort par certains de « terre aride en friche ». En réalité, cette région abrite des espèces de plantes ou d’insectes uniques sur le continent européen – toutes plus interdépendantes les unes des autres !

Mais un autre mal guette ‘’le potager de l’Europe’’.

« Du fait des difficultés économiques de notre pays, nous craignons que les politiques environnementales exemplaires de l’Andalousie ne soient plus à l’ordre du jour. Ce qui affecterait la biodiversité de la région », s’alarme Javier Cabello, professeur de biologie végétale et d’écologie à l’université d’Almeria. On voit ici au combien allier protection environnementale et prospérité sociale est difficile au sein d’un paradigme économique qui a montré ses limites.

Le parc des Cévennes, un havre de coexistence

A contrario, le Parc des Cévennes situé dans le sud-ouest hexagonal illustre précisément la potentialité d’une coexistence harmonieuse entre l’Homme et la nature. Classé récemment au patrimoine mondial de l’Unesco, ce plateau montagneux de 370 000 hectares héberge 50% de la faune et de la flore françaises.

Interpellé par l’authenticité de cette réserve naturelle, vous le serez d’autant plus en apprenant que la pierre angulaire de sa préservation est l’activité pastorale des bergers locaux. En effet, depuis des siècles ces derniers arborent le massif pour effectuer ce qu’ils appellent la « transhumance ». Le principe ? Marcher avec son troupeau de brebis ou de moutons afin qu’ils puissent se nourrir de l’herbe fraîche et foisonnante des vallées. En limitant naturellement la progression des forêts, cette activité humaine ancestrale a accru l’émergence de nouvelles espèces végétales et animales vivant dans cette localité.

Convaincu de la bienfaisance de ce mode d’interaction homme/nature, Bernard Grellier, berger des Cévennes exprime : « Il y a de plus en plus de forêts, et de moins en moins d’espaces cultivés. C’est regrettable du point de vue de la biodiversité. Des recherches assez précises expliquent que 80 % de la biodiversité se situe dans des espaces ouverts, et non pas des espaces fermés. »

Bien qu’évident pour bon nombre d’êtres humains, il est opportun de visionner ce genre de documentaire afin de clarifier la notion de « nature ». Celle-ci semble englober autant d’entités végétales, minérales, animales, qu’humaines.

Les hommes s’étant désolidarisés de ce mécanisme au fil des siècles ne devraient-ils pas se rappeler qu’ils en sont une composante essentielle ? Limpide pour beaucoup, complexe pour d’autres. Dans tous les cas,  cet état de fait force l’interrogation.

Un documentaire interpellant

C’est peut-être dans sa capacité à nous surprendre que réside toute la qualité de ce documentaire. Almeria, les Cévennes, Pantelleria, ou encore l’Estrémadure, des noms de régions connues ou moins connues témoignant à livre ouvert d’un fait millénaire dont nous ne pouvons « par nature » être indifférents, voire amnésiques !

Et l’écologue Thierry Tatoni de conclure : « Il n’y a rien qui impose que l’humain soit séparé de la biodiversité. Il faut juste que les deux travaillent de concert […]. Ainsi, le challenge de demain tient en une seule et même idée : mettre en place des ‘’agroécosystèmes’’. C’est-à-dire des cultures qui produisent, mais qui gardent constamment un intérêt écologique. »

Naturellement…

Bonne découverte de l’odyssée de la biodiversité !

Mathieu Viviani

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