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Le textile, secteur le plus socialement responsable de l’industrie nationale ?

Chine / / Asie

C’est vrai au moins en ce qui concerne le nombre d’entreprises publiant un rapport RSE. Une bonne nouvelle qui répond à l’accumulation des pressions venant de tous les bords.

©MissMessie

Un secteur surveillé de près

Sur le plan intérieur premièrement, le secteur textile est en effet dans le viseur de la nouvelle administration de Li Keqiang. Le premier ministre s’est engagé à réduire les déséquilibres nationaux, notamment en terme d’inégalités sociales et de détérioration de l’environnement. Les confections étant les plus polluantes et employant de nombreux ouvriers pas forcément bien traités, se voient obligées d’améliorer leurs pratiques.

La pression qui pousse ce secteur au changement vient aussi de l’étranger. En 2012, de nombreuses grandes marques de prêt-à-porter qui sous-traitent massivement en Chine ont été accusées de faire appel à des manufactures polluantes. La même année, un documentaire allemand choc (Der Preis der blue-Jeans ou le prix du jean) révélait au consommateur d’outre Rhin les pratiques peu recommandables des manufactures chinoises qui l’habillent. Employés aux heures de travail hallucinantes, protections sanitaires inexistantes, rejet dans la nature de toutes sortes de produits chimiques… La liste est longue…

Des efforts de la part des grappes industrielles

La huitième réunion annuelle ‘RSE dans les industries du textile’ qui s’est tenue début septembre à Pékin, montre cependant que les progrès sont en cours. D’abord, du point de vue du nombre de sociétés cotées publiant un rapport RSE, le secteur est en première place avec plus de 50 entreprises. Ensuite, la généralité de la démarche tend à prouver son sérieux. Notamment, les ‘grappes industrielles’ (sortes de ‘pôles de compétitivité à la chinoise) se sont mis à songer à leur responsabilité sociale et à publier des rapports RSE.

Comme le montre très bien le documentaire allemand ‘Le prix du Jean’, beaucoup de confections auxquelles font appel les marques étrangères sont de petites sociétés de quelques dizaines d’employés. Elles sont regroupées dans des ‘villages’ tels que Humen dans le Guangdong, Shishi dans le Fujian, Shengze dans le Jiangsu, … Ces petites structures n’ont assurément pas les moyens d’entrer dans des démarches RSE. Le rapport de force avec leurs clients occidentaux les oblige à réduire sans cesse leurs coûts de production, au détriment toujours des salariés et souvent de l’environnement.

Les ‘grappes industrielles’ qui les réunissent en revanche, par leur force de frappe, ont les moyens nécessaires. En 2013, pour la première fois, sept de ces ‘clusters’ ont publié un rapport RSE, détaillant les initiatives prises pour réduire la pollution et améliorer le sort des employés. Une démarche qui, si elle se généralise dans les années qui viennent, pourrait servir de modèle à nombre d’autres secteurs industriels, dans une Chine où pullulent les petites entreprises manufacturières forcément peu concernées par tout ce qui n’a pas de rapport direct au chiffre d’affaire…

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