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Gérer le « boom » du quinoa pour une agriculture durable

USA / / Amérique du nord

L’ONU avait déclaré l’année 2013 comme l’« année internationale du quinoa ». À l’occasion d’une conférence téléphonique, les différents acteurs font le point sur cette graine aux qualités nutritives et agricoles exceptionnelles dont la production, en pleine expansion depuis une trentaine d’années, n’est pas sans conséquence. Sa production peut-elle être gérée de façon responsable ?

©Michael Hermann

Une production et une culture faciles

Cette ancienne céréale, qualifiée de super-aliment par la NASA, stimule l’intérêt général depuis quelques années. Mais avec le « boom » de demande planétaire qui accompagne cette céréale, les discussions au sujet de sa marchandisation et de l’impact sur la sécurité alimentaire dans les régions qui cultivent le quinoa se posent. Lors d’une conférence téléphonique avec des producteurs de quinoa, des universitaires et des représentants d’Alter Eco, entreprise spécialisée dans l’importation de produits issus du commerce équitable, la question centrale reste à savoir si le boom du quinoa peut être géré de façon responsable ?

Cultivé depuis plus de 5000 ans dans les Andes, en Amérique du Sud, 92% du quinoa mondial serait produit au Pérou et en Bolivie, premier producteur et premier exportateur. L’avantage des graines de quinoa est qu’elles ne nécessitent aucun traitement pour être cultivées, c’est pourquoi elles obtiennent quasiment toujours le label « agriculture biologique ». Le quinoa s’adapte à tous les types de terrains, de climats et toutes les altitudes.

Depuis les années 80, la production connaît une forte augmentation en passant d’une culture d’autosubsistance à une production commerciale pour l’exportation. Mais un tel succès ne conduit-il pas nécessairement à de profonds bouleversements environnementaux, politiques, sociaux et économiques?

La menace de la surproduction

Un article du Guardian, publié au début de l’année, dévoile que la hausse du prix du quinoa est si forte que les Péruviens et Boliviens n’ont plus les moyens d’en manger, contraints alors de devoir remplacer leur aliment de base.

Pour les locavores et bio-addicts, l’idée que le quinoa puisse être importé comme nouvel aliment de base des Occidentaux est probablement un anathème. Mais au-delà du fait que les paysans à très faible revenu n’ont pas souvent d’autre choix que de s’engager sur les marchés internationaux, son développement a permis à ces derniers d’accroître leurs revenus et de leur offrir une stabilité économique.

Pour Édouard Rollet, cofondateur et président d’Alter Eco, ce n’est pas une question d’encourager ou non le développement du marché du quinoa, mais plutôt la manière dont ce développement est mené:

« Donner aux plus pauvres des pauvres d’Amérique latine – les agriculteurs qui cultivent le quinoa – l’accès à un revenu ou vouloir « protéger » cette région de la mondialisation est un argument mensonger. C’est à tous les acteurs impliqués, en particulier les entreprises, de déterminer s’ils veulent opérer d’une manière qui profitera équitablement à ceux qui produisent le quinoa – ou si elles fonctionneront comme d’habitude. »

 

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