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La consommation collaborative entre dans la loi du « mal-logement »

France / / Europe

Le débat est régulièrement lancé concernant les locations touristiques proposées par les particuliers sur des plateformes comme Airbnb. Souvent montrés du doigt et encore récemment accusés de mettre le tourisme classique en péril, ces sites ne cessent pourtant de prendre de l’ampleur.

©Epilobes

Il est important de distinguer deux types de location :

  • La location d’une chambre ou d’un logement avec la rencontre de l’habitant qui souvent sera agrémentée de ses conseils pour nos futures visites, nos achats et même nos lieux de restaurations.
  • La location d’un meublé très impersonnel sans âme, qui n’est que le reflet d’un appartement secondaire, loué à la petite semaine.

Dans les deux cas les frais attribués au logement pourront nous permettre d’octroyer d’autres dépenses dans la ville de notre séjour, voir nous permettre de faire ce séjour tout court !

Toujours cette fameuse ligne, avec d’un côté la possibilité de faire un super week-end avec de vrais rencontres et un pouvoir d’achat regonflé pour faire vivre le local. Et de l’autre, celle qui empêche un étudiant d’avoir un logement sympa dans une grande ville, car un propriétaire (peu scrupuleux) y trouve plus son compte de le louer pour des courtes durées (très rentables) sans avoir à se préoccuper de l’état dans lequel lui sera rendu son bien. Très peu de dommages sont causés sur quelques jours. Alors qu’un coup de jeune est souvent obligatoire au delà de 8 mois d’habitation.

Devons-nous laisser nos villes aux touristes car il insufflent une économie lors de leur passage ? Nos villes ne perdraient-elles pas leur âme si les citadins désertaient leurs rues et leurs commerces de quartiers. C’est aussi ce qui fait le charme d’une ville, d’un lieu bien précis : ses habitants ! Témoignage de cette personne (à écouter à 1.45 mn) qui fût ravie de trouver un logement à 10 € la nuit sur Berlin (prix imbattable) mais qui ne cache pas sa déception de se retrouver dans un appartement avec une seule casserole, car inhabité le reste de l’année.

Quel doit-être notre but : économique ? Forte rentabilité ? Mais pour qui ?

L’Etat ne veut bien sûr pas laisser passer le coche et en même temps c’est tout de même son rôle d’intervenir. Ainsi, lors du débat parlementaire concernant le projet de la loi pour l’accès au logement, le sujet « logement touristique » n’a pas été épargné. La définition, mal encadrée avant l’arrivée des plateformes, a été éclaircie : « locaux meublés loués de manière répétée pour de courtes durées à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile »

Il est obligatoire pour louer de tel logement d’avoir au préalable une autorisation (auprès de la mairie de la commune) de changement d’usage : logement d’habitation à logement touristique.

La loi pousse désormais à ce que l’accord majoritaire des co-propriétaires du logement soit faite pour l’autorisation au passage en logement touristique.

Enfin, les intermédiaires rémunérés pour la location du logement devront demander à recevoir l’attestation sur l’honneur que la déclaration a bien été accomplie.

Ainsi, toutes les plateformes de mise en relations chez l’habitant auront à effectuer un certain contrôle et donner tous les éléments aux propriétaires. Afin que la consommation collaborative autour du logement reste un moyen de faire du tourisme, cette loi ne s’applique pas aux personnes qui proposent leur logement principal. Espérant que les plateformes joueront le jeu et seront en alerte lorsqu’un membre proposera 10 fois un logement différent comme étant à chaque fois son logement principal.

Il est important de réglementer, mais aussi d’aider à valoriser l’économie collaborative qui nous permet de faire un autre tourisme. En faisant vivre les commerces locaux, en permettant de faire de vrais rencontres autour d’une économie du partage, non pas une économie du plus rentable !

Céline Laporte

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