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Les forêts vont-elle continuer à piéger le carbone ?

Australie / / Océanie

Alors que l’Australie est classée parmi les pays les plus vulnérables aux changements climatiques, une équipe de scientifiques cherche à mesurer l’impact du réchauffement climatique sur la séquestration du carbone par les plantes.

© Michael Barnett

Mesurer les échanges de dioxyde de carbone entre l’atmosphère et la végétation

Vingt fois par seconde, une vingtaine de tours disséminées en Australie mesurent les échanges de dioxyde de carbone entre l’atmosphère et la végétation. Il existe cinq cents tours de ce type dans le monde, installées dans le cadre du Réseau de recherche sur l’écosystème terrestre pour essayer de mieux comprendre le cycle du carbone et les changements climatiques qui l’affectent.

L’Organisation de la recherche scientifique et industrielle du Commonwealth (CSIRO) estime que la végétation australienne a absorbé un tiers des émissions de carbone dues à l’utilisation de combustibles fossiles au cours des deux dernières décennies, avec des données similaires pour le reste du monde. En période humide, arbres et plantes utilisent de grandes quantités de dioxyde de carbone pour leur croissance, une quantité similaire étant rejetée dans l’atmosphère en période sèche lorsque la végétation se fane ou disparaît en feux de forêt.

D’après Ian McHugh, chercheur à l’Université Monash, les écosystèmes australiens absorbent actuellement plus de dioxyde de carbone qu’ils n’en émettent, en partie parce que des zones défrichées commencent à repousser, mais aussi parce que le dioxyde de carbone dans l’atmosphère agit comme un fertilisant qui accélère la croissance de la végétation. Pourtant, la situation pourrait changer. Alors que la planète se réchauffe et que les précipitations deviennent moins régulières, la végétation pourrait atteindre un niveau de saturation en dioxyde de carbone.

Les forêts sont-elles d’éternelles alliées dans la lutte contre le changement climatique ?

« La situation climatique pourrait être de 30 pourcent pire si la biosphère n’absorbait pas cette quantité de carbone dans l’atmosphère », déclare McHugh. « C’est pourquoi nous sommes si préoccupés par la manière dont le cycle du carbone changera à l’avenir. Il se pourrait que [la biosphère] non seulement perde en partie sa capacité à agir comme un puits de carbone, mais que dans certains cas elle devienne également une source de carbone. »

Près de Sydney, des chercheurs ont donc installé d’immenses anneaux en métal destinés à élever les taux de carbone auxquels est exposée la végétation locale, pour simuler les hautes concentrations en gaz à effet de serre qui sont prévues à l’avenir. Pour le professeur David Ellsworth, de l’Université occidentale de Sydney, le projet est essentiel pour déterminer si de hautes concentrations en dioxyde de carbone continueraient à avoir un effet fertilisant ou si la végétation pourrait en être saturée. Les données sont en outre importantes pour planifier la reforestation et tenter de limiter le réchauffement climatique.

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