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Mon arrière-grand-père, la santé, la planète : les garçons, à table !

/ Monde

Les professionnels de la santé et les activistes poussent à insister sur la nécessité de revenir aux régimes alimentaires de nos ancêtres pour regagner des nutriments perdus. Une telle démarche contribuerait en outre à améliorer le rapport de la société à notre planète, et favoriserait tant la santé humaine qu’environnementale.

© Fir0002/Flagstaffotos

La destruction environnementale est en grande partie due au détachement de la société moderne vis-à-vis de ses systèmes alimentaires.

Depuis le début des années 1960, la consommation d’aliments d’origine animale – notamment la viande, les œufs et les produits laitiers – s’est multipliée avec la croissance économique, l’urbanisation et l’accroissement de la population mondiale.

L’expansion des terres agricoles – notamment pour cultiver davantage de céréales – est responsable de 80 pour cent de la déforestation dans le monde, rapporte le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Il est prévu que la population mondiale atteigne les neuf milliards d’ici 2050 : il faudra alors produire 50 pour cent d’aliments en plus pour nourrir la planète – selon que l’on soit en présence d’un écosystème sain ou non.

Que faire ?

La planète dans mon assiette

« L’essor du modèle agricole industriel a largement contribué à déconnecter les gens des aliments qui se trouvent dans leur assiette », a dit Sarah Somian, une nutritionniste installée à Nice, en France.

Bon nombre des aliments traditionnels non transformés que consomment les communautés rurales, comme le millet ou le caribou, sont riches en nutriments, contiennent de bons acides gras et des micronutriments, et possèdent des vertus purifiantes largement absentes des régimes alimentaires en vogue dans les pays à revenus intermédiaires ou supérieurs, disent les nutritionnistes.

Les régimes alimentaires autochtones du monde entier – qu’il s’agisse d’aliments d’origine forestière de type racine ou tubercule dans l’est de l’Inde ou de poissons d’eau froide, de caribou et de phoque dans le nord du Canada – sont diversifiés, adaptés à l’environnement local, et capables de prévenir la malnutrition et la maladie, révèlent les experts.

Les « systèmes » alimentaires autochtones

Harriet Kuhnlein est fondatrice dirigeante du Centre d’étude sur la nutrition et l’environnement des peuples autochtones (Centre of Indigenous People’s Nutrition and Environment, CINE) de l’université McGill, au Canada, depuis Montréal.

« Les systèmes alimentaires des peuples autochtones recèlent des trésors de connaissance hérités de cultures ancestrales et de modes d’existence en harmonie avec les écosystèmes locaux », a dit Mme Kuhnlein.

Les « systèmes » alimentaires autochtones consistent en récolter et préparer la nourriture en optimisant les nutriments que peut fournir un environnement.

Mme Kuhnlein a étudié les Guyakis, des chasseurs-cueilleurs nomades du Paraguay oriental ; les Massaïs, des éleveurs nomades du nord du Kenya ; les Inuits, des groupes de pêcheurs grégaires du nord du Canada ; les Kondhs, des agriculteurs-cultivateurs de millet d’Inde orientale ; et les Samis de Scandinavie. Tous ces groupes partagent une caractéristique commune : une connaissance approfondie de la façon dont bien s’alimenter sans endommager l’écosystème.

Aliments riches en nutriments

Ces dernières années, les céréales telles que le quinoa, le fonio et le millet – traditionnellement cultivées par les communautés rurales et autochtones des pays en développement, dont les générations plus jeunes et plus aisées se détournent de plus en plus au profit d’aliments importés – ont en revanche gagné en popularité dans les pays développés.

La recherche, le marketing et le financement de bailleurs de fonds ont aidé à faire connaître la capacité de ces céréales à haute teneur en protéines à réduire le cholestérol, apporter des micronutriments et diminuer les risques de diabète.

« Au vu des nombreux bienfaits pour la santé de ces aliments oubliés ou inconnus jusqu’à récemment, il est essentiel de faire valoir la sagesse des cultures autochtones et des générations antérieures pour réduire la maladie et l’inflammation », a dit Mme Somian.

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