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Vivre sans l’État dans les bidonvilles du Caire

Egypte / / Afrique

Reportage du Réseau d’Information Régional Intégré (IRIN), le service de nouvelles et d’analyses humanitaires du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires, sur les habitants du bidonville du Caire.

© Ventus

Au Caire, la plus grande ville d’Afrique et du Moyen-Orient, la moitié des habitants vivent dans les bidonvilles. IRIN s’est intéressé aux modes de survie des habitants de Manshiet Nasser, l’un des plus grands bidonvilles du Caire, et à la manière dont ils compensent l’absence de soutien de l’État grâce à leurs propres réseaux de services.

Eau et tout-à-l’égout

On estime que seulement 20 à 30 pour cent des foyers sont connectés au réseau d’eau de la Ville. Près de 60 pour cent sont connectés à un réseau informel et 10 pour cent n’ont pas d’eau du tout. Pas plus de cinq à dix pour cent de ces établissements ont un réseau d’égouts officiel. Le reste rejette ses eaux usées dans des fosses septiques, souvent sujettes à des fuites.

Dans les années 1980, la Banque mondiale a accordé des fonds au gouvernorat du Caire pour installer un réseau d’eau, d’égouts et d’électricité. Mais seulement la moitié des fonds ont été dépensés à cause de la corruption et de nombreuses parties du bidonville ne sont donc pas connectées.

Gestion des déchets

Les habitants des bidonvilles ont également dû mettre au point des solutions pour la gestion de leurs déchets. Les ramasseurs de déchets, appelés Zabaleen, collectent 9 000 tonnes de détritus par jour – soit près des deux tiers des 15 000 tonnes produites quotidiennement par la ville, selon les estimations. Ils collectent et gèrent les ordures et en recyclent 85 pour cent.

Pour ce qui est des déchets organiques, la plupart des habitants les jettent dans des décharges informelles ou payent des ramasseurs de poubelles pour les collecter au pas de leur porte.

Éducation et santé

Les bidonvilles dans lesquels vivent des milliers d’Égyptiens n’ont souvent qu’une ou deux écoles publiques. Manshiet Nasser n’en compte qu’une seule, où sont inscrits environ 2 000 élèves, répartis dans des classes de plus de 70 enfants.

Mashiet Nasser compte seulement deux dispensaires, dont les services sont insuffisants. Les habitants dépendent donc en grande partie des centres de santé privés, eux aussi mal équipés, et des organisations caritatives.

« Nous n’avons que l’hôpital chrétien St Simon. L’hôpital public le plus proche se trouve à une demi-heure d’ici en voiture », a dit Antonis, propriétaire d’un atelier de recyclage à Moqattam.

Implication de la société civile

Les principales interventions sont réalisées par des organisations de la société civile. Au moins quatre associations et deux églises oeuvrent à Manshiet Nasser.

SOY offre des programmes d’enseignement informel favorisant l’alphabétisation et l’apprentissage de compétences par le biais d’un enseignement professionnel dans une « école de recyclage ». Jusqu’à présent, l’organisation a aidé 250 garçons à achever le cursus primaire. Vingt-cinq d’entre eux se sont inscrits dans une école préparatoire et dix de ces derniers sont maintenant dans le secondaire.

L’école de recyclage de SOY offre par ailleurs des vaccins contre l’hépatite et le tétanos, les enseignants font des visites à domicile pour sensibiliser les familles aux questions de santé, d’hygiène et de santé reproductive et des médecins sont invités à participer à des rencontres mensuelles.

Depuis 1984, une autre ONG, l’Association pour la protection de l’environnement (APE), travaille avec les Zabaleen et d’autres habitants des bidonvilles pour améliorer la santé, les revenus et l’éducation, notamment des femmes et des enfants. Parmi ses nombreux programmes, l’APE dirige des cours d’alphabétisation et des classes préparatoires pour les filles et leur enseigne des compétences professionnelles telles que le tissage de tapis et le patchwork.

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