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Nouveaux quotas de pêche sur le thon rouge, bonne nouvelle en demi-teinte

Depuis 2007, la pêche au thon rouge était limitée dans l’Atlantique Est car l’espèce était en voie d’extinction. Sa biomasse étant en train de se rétablir, les quotas de pêche du thon rouge vont atteindre 23 155 tonnes par an en 2017 contre 13 500 tonnes actuellement. Une bonne nouvelle pour l’industrie de la pêche mais quelles seront les conséquences pour l’espèce ?

Des quotas bien mesurés

 

C’est lors de la 19ème réunion extraordinaire de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) que cette décision d’augmenter les quotas de pêche du thon rouge en Europe a été prise. Composée de 48 membres (47 pays plus l’Union européenne) l’ICCAT débattait sur ce sujet depuis le 10 novembre dernier.

Selon les scientifiques de l’ICCAT, les stocks de thon rouge représentent actuellement 585 000 tonnes alors qu’au milieu des années 2000, ces stocks n’étaient que de 150 000 tonnes. Afin de ne pas mettre un frein au rétablissement progressif de la population de thon rouge et pour que ce dernier soit durable, l’ICCAT préconise que le niveau de pêche actuelle ne dépasse pas les 23 256 tonnes annuelles, c’est pourquoi le quota de pêche à partir de 2017 sera de 23 155 tonnes.

Les débats qui ont duré une semaine à l’occasion de cette 19ème réunion extraordinaire de l’ICCAT n’ont pas longtemps porté sur ce quota autour duquel un consensus a été rapidement trouvé. Non, ce qui a créé des échanges plus vifs, c’est la question de savoir comment cette nouvelle manne de poissons à pêcher serait partagée entre les pays. Finalement l’ICAAT a décidé de ne pas faire de remous en ne remettant pas en question la clé de répartition générale qui donne, par pays, le nombre de poissons qui peuvent être péchés.

Rien sur la pêche illégale

L’ICCAT a aussi abordé le cas beaucoup plus épineux du thon rouge de l’Atlantique Ouest. Sa population est beaucoup plus faible est difficile à mesurer. Finalement, nous pouvons dire que la prudence n’était pas le mot d’ordre des discussions car les pays membres de l’ICCAT ont décidé d’augmenter à 2 000 tonnes par ans les quotas de pêche du thon rouge de l’Atlantique Ouest contre 1 700 tonnes aujourd’hui.

« Cela semble paradoxal, mais le cas du thon rouge nous confirme qu’il est parfois plus difficile de gérer un succès qu’une crise. Malheureusement, toutes les discussions se sont concentrées sur la question des quotas, alors que nous avions des propositions pour lutter plus efficacement contre la pêche illégale » a déclaré Sergi Tudela, le responsable du Programme Pêche Méditerranée au sein du Fond national pour la nature (WWF). Auparavant, il était arrivé que l’ICCAT se penche sur l’élaboration de solutions permettant de lutter contre la pêche illégale. Elle avait, par exemple, instauré la mise en place de documents obligatoires pour la commercialisation du thon rouge rendant impossible la vente du thon péché illégalement.

Même si tous les pays ont accordé leurs violons sur l’augmentation de ces quotas, la France reste le seul pays européen favorable à l’interdiction de la commercialisation du thon rouge. Concernant la WWF, Sergi Tudela estime que cette décision n’est pas la pire mais pas non plus la plus respectueuse des recommandations scientifiques. La biomasse du thon rouge étant en train de se rétablir, espérons que l’augmentation des quotas ne mette pas un frein à ce rétablissement.

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