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Mobilité durable : la France a-t-elle le pied sur l’accélérateur ?

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En 2014, les immatriculations de véhicules électriques particuliers ont progressé de 20 % par rapport à l’année précédente. Une croissance qui devrait se confirmer en 2015 grâce aux différentes mesures mises en place par le gouvernement pour favoriser le développement des transports propres. Automobiles, bus, transports ferroviaires, l’essor de la mobilité verte est plus que jamais une priorité pour installer la France sur la voie de la transition énergétique.

2015, un tournant pour la voiture électrique ? 

Chaque année, la question revient comme un boomerang : est-ce enfin le moment pour la voiture électrique de sortir de son parc d’initiés et de toucher le plus grand nombre? Après de nombreux faux départs,  l’automobile verte semble aujourd’hui lancée sur la bonne voie. La voiture électrique n’est désormais plus plus perçue comme un engin élitiste réservé uniquement à une poignée de personnes aisées.

Les véhicules verts sont plus nombreux dans nos rues. Pour preuve, leurs ventes ont nettement augmenté en 2014 grâce notamment à des mesures d’aides financières à l’achat efficaces et une conscience environnementale qui se généralise un peu plus chaque jour sur fond de transition énergétique.

Selon les spécialistes, l’année 2015 ne devrait pas être en reste question bons résultats en matière de voitures propres. Pour soutenir le développement de cette mobilité durable, le gouvernement n’a d’ailleurs pas hésité à mettre en place fin mars un nouveau bonus « voiture électrique et hybride » de 10 000 euros encourageant les particuliers à mettre à la casse leur vieux diesel et à opter pour une auto responsable écologiquement.

La ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a également annoncé qu’un certificat qualité de l’air sera instauré avant l’été dans toute la France. Ce document, qui prend la relève de la pastille verte abandonnée en 2003, permettra à tous les propriétaires de véhicules propres de bénéficier d’avantages, comme la possibilité de pouvoir circuler en cas de circulation alternée, de stationner gratuitement, voire même de pouvoir circuler dans les voies de bus. 

La démocratisation des voitures vertes doit également beaucoup à la prolifération des services de location des véhicules électriques en partage. Que cela soit Autolib à Paris, ou son pendant spécialisé en utilitaires Utilib, le service Yea lancé récemment à Strasbourg, Bluecub à Bordeaux, ces services ont le mérite de familiariser l’utilisateur avec le produit et de désengorger les villes d’engins polluants.

Mais la concrétisation d’une mobilité durable forte et pérenne ne peut se concentrer uniquement sur les automobiles. Le secteur des bus est un domaine dans lequel la France doit redoubler d’efforts. En Île-de-France, la RATP va ainsi jouer un rôle clé pour modeler une nouvelle mobilité francilienne.

La RATP anticipe le Grand Paris

Le Grand Paris est à nos portes et avec lui l’avènement d’un nouveau réseau de transport. Pour anticiper les nombreux changements à venir et intégrer les futures attentes des voyageurs, la RATP a lancé l’année dernière le projet « Bus 2025 ». L’initiative repose sur un groupe de travail invité à réfléchir à la façon dont le bus va s’inscrire dans un paysage où les circuits de transports seront totalement reconfigurés.

« Grâce à sa connaissance fine des territoires et des déplacements, ainsi qu’à son expertise reconnue du bus, la RATP a un rôle primordial à jouer dans cette mission prospective, qui fait intégralement partie de ses missions en tant qu’EPIC, au-delà du seul rôle de transporteur » avait alors déclaré Pierre Mongin, ancien patron de la RATP, lors du lancement du projet.

Pour la RATP, il sera notamment question d’ici à 2025 d’avoir une flotte de bus « 0 bruit, 0 émission de CO² et 0 gaz à effet de serre ». Fin 2014, la RATP et le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) annonçaient déjà que la construction des premiers bus électriques de l’opérateur de transport public serait assurée par le groupe Bolloré.

Mais le bus électrique n’est pas un privilège réservé à la capitale française, bien au contraire. D’autres villes de Province ont déjà fait le choix du bus électrique, à l’image de Pau, Bordeaux, Bayonne ou encore Toulouse.

Quelle alternative au transport routier de marchandises ? 

En un peu plus d’un siècle, les échanges de marchandises ont été multipliés par 1000 à travers le monde. D’après les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les transports sont le deuxième émetteur mondial de dioxyde de carbone, juste après l’électricité. Difficile pourtant de contourner ces moyens de transports polluants pour continuer à faire tourner les échanges commerciaux sur les cinq continents.

En Bretagne, une jeune entreprise s’essaie pourtant à l’exercice et assure depuis quatre ans un transport de marchandises par voile entre Bordeaux, la Bretagne et l’Angleterre. « Biche » est certes une alternative plus lente que le transport de marchandises par voie ferrée ou par la route mais présente des qualités écologiques indéniables.

La France s’organise pour mettre sur pied une mobilité durable qui soit concrète et efficace. Cependant, malgré les efforts du gouvernement et des différents acteurs du monde du transport pour donner vie à ce projet, la Commission européenne a récemment annoncé que le pays était en infraction. En effet, pour l’Europe la France ne prend pas les mesures adéquates pour lutter contre la pollution atmosphérique.

La politique de transport propre adoptée par la France serait donc pour le moment insuffisante. Même s’il peut en agacer certains, ce rappel à l’ordre a le mérite de replacer définitivement notre pays dans une certaine urgence environnementale. Espérons alors que  les résultats de 2015 en termes de transport écologique participent à positionner la France dans le rang des bons élèves en matière d’environnement.

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