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Que fait la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre ?

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Alors que se tient la COP21, la question du changement climatique et de ses effets à long terme est plus que jamais au centre des préoccupations. En première ligne, la France souhaite à cette occasion s’imposer comme un des pays leaders de la lutte contre le réchauffement planétaire et s’est fixée pour cela des objectifs ambitieux. La loi de transition énergétique adoptée le 18 août dernier prévoit en effet une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici à 2030 (par rapport au niveau de 1990) et met en place de nouveaux dispositifs incitatifs dans de nombreux secteurs concernés comme le transport, le bâtiment, ou l’énergie. 

Empreinte carbone et objectifs de réduction des émissions de GES en France

Dans un contexte de lutte contre le changement climatique, enjeu au cœur de la transition énergétique, il est intéressant de relever les efforts réalisés par la France sur les volumes d’émissions de CO2 et plus généralement des gaz à effet de serre, qui comprennent outre le CO2, d’autres gaz polluants comme le méthane, les gaz fluorés et le protoxyde d’azote.

La France a émis en 2014 733 Mt de gaz à effet de serre, contre 539,6 Mt en 2010 et 490 Mt en 1990. Une évolution qui reste globalement positive compte tenu de l’augmentation de la population et de l’activité économique sur cette période. On constate ainsi que les émissions de CO2 et de GES ont baissé respectivement de 11 % et 12 % en France sur la période 1990-2011. Des efforts importants ont été réalisés pour rendre la croissance moins polluante via un recours diminué aux énergies fossiles et à l’émergence d’innovations technologiques permettant une diminution de l’intensité énergétique de l’économie.

Une démarche encourageante donc, mais qu’il faudra poursuivre avec discernement (pour de pas dire acharnement) dans les années à venir, si le gouvernement français veut parvenir à atteindre les nouveaux objectifs consacrés dans la loi de transition énergétique. Ce texte impose en effet la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et la division par quatre des émissions entre 1990 et 2050. Il introduit également un objectif de réduction de 50 % de la consommation énergétique finale à l’horizon 2050.

Pour tenir ces objectifs, le texte de loi prévoit la mise en place de mesures aussi bien dans les transports, le bâtiment ou le secteur énergétique.

Les transports : lutter contre la « diésélisation » du parc automobile

Le secteur des transports est responsable à lui seul de presque un tiers des émissions nationales de CO2 (27,8 % des émissions nationales soit 136,4 Mt éq.CO2 en 2012), dont plus de la moitié est imputable aux voitures. L’objectif de 95g de CO2/km pour les voitures en 2020 (contre environ 130g aujourd’hui) permettrait d’économiser en moyenne 500 euros par an à la pompe pour chaque conducteur européen.

Selon la loi de transition énergétique, l’Etat et les établissements publics devront opter lors du renouvellement des véhicules, « dans la proportion minimale de 50 % », pour des modèles à faibles émissions. Une obligation qui s’appliquera également (dans de moindres proportions) aux taxis et aux loueurs de voitures. Les particuliers sont d’ores et déjà encouragés à changer de véhicules et à se détourner des voitures diesel via des aides financières incitatives.

L’industrie énergétique : un mix électrique durable et responsable

Les émissions du secteur des industries de l’énergie (production d’électricité, chauffage urbain, raffinage, transformation de combustibles minéraux solides) ont été de 57,5 Mt éq CO2 en 2012, soit 11,7 % des émissions totales de la France. Il s’agit à plus de 96 % d’émissions de CO2.

Si la contribution de ce secteur aux émissions nationales est moindre que dans d’autres pays en raison de la prédominance du nucléaire et de l’hydroélectrique dans le bouquet énergétique national, les énergéticiens français ont malgré tout un rôle déterminant à jouer dans ce cadre et tentent pour la plupart de s’orienter vers de nouvelles politiques de développement plus responsables en matière d’émissions de CO2.

Le groupe EDF par exemple, premier producteur d’électricité en France, a investi ces dernières années dans plusieurs centaines de projets à l’échelle des territoires portant sur de nombreuses thématiques comme la mobilité électrique (société Sodetrel), le développement des réseaux électriques intelligents (smart grids) qui permettront à terme d’améliorer la performance énergétique des usages de l’électricité et de mieux maîtriser les consommations (Nice grid, SoGrid, ect.), et la recherche technologique dans le domaine du stockage de l’électricité (projet Pégase).

En s’affranchissant des centrales au charbon les plus polluantes et en développant des nouveaux moyens de production décarbonés nucléaire ou renouvelables (hydraulique, solaire, éolien, biomasse, énergies marines), le groupe français garantit également le maintien d’un mix électrique propre et responsable pour les décennies à venir. La nouvelle obligation verte (ou green bond) record (1,25 milliards de dollars) émise par EDF la semaine dernière devrait lui permettre ainsi de poursuivre ses investissements dans la filière renouvelable.

Le résidentiel tertiaire : encourager la consommation responsable et la rénovation énergétique

Les émissions directes des secteurs résidentiel et tertiaire ont représenté 17,7 % des émissions de gaz à effet de serre de la France en 2012. Dès lors que l’on tient compte de la part du secteur dans les émissions associées à la production d’électricité et au chauffage urbain, le secteur du bâtiment représente 23,5 % des émissions globales. Une proportion importante sur laquelle le gouvernement entend agir via des mesures simples d’économies énergétiques.

En France, une famille dépense en moyenne près de 2.400 euros par an pour s’éclairer, se chauffer et alimenter les appareils électroménagers. Un chiffre en constante augmentation ces dernières années, à cause d’habitudes de consommation de plus en plus énergivores. En accord avec le processus de transition énergétique, qui encourage les mesures d’efficacité et de sobriété énergétique, plusieurs organismes proposent désormais de nouveaux services dans le sens d’une meilleure gestion de l’électricité chez les particuliers, et permettent à tout un chacun de mieux maîtriser sa consommation. On peut citer ici le SMERGYmètre de l’Agence locale de l’énergie de l’agglomération lyonnaise (ALE) ou le service e.quilibre du groupe EDF. Ces nouveaux outils interactifs, pédagogiques et ludiques aident à adopter les bons réflexes pour chaque poste énergétique du foyer.

Dans le secteur du bâtiment enfin, la rénovation énergétique deviendra obligatoire pour tous les bâtiments privés résidentiels et les nouvelles constructions de l’Etat et des collectivités territoriales qui devront désormais répondre à des critères de haute performance énergétique. Plusieurs dispositifs financiers incitatifs ont été mis en place pour cela comme le crédit d’impôt développement durable (CIDD) ou l’écoprêt à taux zéro (éco-PTZ). Ces deux mécanismes sont soumis depuis l’été 2015 à un critère d’écoconditionalité : les travaux devront être réalisés par des installateurs disposant du signe de qualité « reconnu Grenelle de l’environnement ».

 

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