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De moins en moins fertiles, les sols de la planète dépérissent

Les terres arables sont de moins en moins nombreuses et de moins en moins productibles, aussi, elles risquent bientôt de ne plus pouvoir satisfaire les besoins nutritifs de l’humanité. Les Nations unies s’inquiètent fortement car au cours des cent dernières années, ce sont un milliard d’hectares de terres fertiles qui ont disparu de la surface de la planète. 

L’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) s’alarme. En décembre, elle a fait paraître à l’occasion de la clôture de l’Année internationale des sols, un rapport de plus de 600 pages. Dans ce rapport on peut noter qu’un tiers des sols arables de la planète risque de disparaître. Le directeur de la FAO José Graziano da Silva annonce que si rien n’est entrepris, la sécurité alimentaire et la production vivrière pourraient être compromises.

Le rapport regroupe les recherches de plus de 200 scientifiques spécialisés de 60 pays, ils forment le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Leur conclusion est alarmante, selon eux, ce sont entre 25 et 40 milliards de tonnes de l’épiderme de la Terre qui se volatilisent chaque année, cela à cause de la perte de nutriments et de biodiversité mais aussi du tassement, de l’érosion ainsi que des pollutions, de l’acidification, de l’engorgement et de la salification.

Cet épiderme de la planète est une couche épaisse de 30 cm en moyenne, elle est féconde et forme une sorte de réacteur biologique qui loge d’importants échanges physico-chimiques et biologiques. Cette couche abrite ce qui est indispensable à la croissance végétale, mais elle gère également l’alimentation des nappes souterraines et filtre l’eau tout en régulant le cycle des gaz tels que le carbone et l’azote, à elle seule elle représente 80% de la biomasse. Cependant, elle est aussi fragile car elle est très longue à se constituer. Ce sont les insectes et le lichen qui permettent sa création. C’est au fil des saisons qu’elle apparait, en deux mille ans si elle n’est ni soufflée ni lessivée, elle peut s’épaissir d’un peu plus d’un centimètre.

L’homme largement responsable

Un rien suffit à faire disparaître ce travail de la nature et ce sont les dégâts croissants qui inquiètent les scientifiques. L’urbanisation, la pression climatique et les mauvaises pratiques agricoles sont responsables de sa destruction accélérée. Selon Dominique Arrouays, qui est à la tête du GisSol,  le groupement d’intérêt scientifique qui coordonne le programme d’inventaire de l’état des sols en France, le rythme d’érosion est désormais supérieur à celui du processus par lequel se forment les sols. À chaque endroit où ce produit ce phénomène, les sols sont amenés à disparaître. En Europe 33 millions d’hectares sont concernés, cela représente 4% des terres arables.

En plus de l’érosion, la réduction de matière organique dans la terre agit sur sa fertilité. Le GisSol a observé que depuis 1950, l’engrais naturel des plantes ainsi que le taux des nutriments dans les sols et du humus, ont baissé d’un tier. Les terres sont labourées trop profondément et cela entraîne une réduction de la matière organique, qui cause une disparition de la flore et par conséquence directe on peut également voir disparaître minéraux et nutriments. Cela donne une boue gluante que l’on ne peut cultiver. GisSol explique qu’environ 40% des terres agricoles françaises sont touchées par ce risque de tassement irréversible.

Au Brésil, 760 000 km2 sont touchés par la salinité, soit plus que l’ensemble des terres arables du pays, c’est ce qu’a dévoilé la FAO. Cela réduit évidemment la production, ce qui engendre des pertes économiques d’environ un milliard de dollars par an.

Au sein des pays les plus développés, les contaminants toxiques sont utilisés dans des proportions qualifiées d’anormales et inquiétantes par les chercheurs. Rien que pour la France, il pourrait y avoir près de 300 000 friches industrielles polluées qui génèrent des gaz toxiques qui se répandent également dans les nappes phréatiques et dans les sols.
En Chine, le ministère de l’Environnement a admis que 19,4% des terres arables sont contaminées.

Une solution possible

Selon les chercheurs, il est encore temps de revenir en arrière, avec par exemple, la réhabilitation des haies et des semis directs. On pourrait obtenir une amélioration des sols pollués par des légumineuses de couverture ou bien par l’ajout de bois qui agirait comme un compost organique. Selon Dominique Arrouays, le seul moyen de sauver les terres les plus dégradées c’est de doper leur fertilité de manière naturelle, et il y a urgence car les terres stérilisées par la pollution représentent 220 000 km2, dont environ 90% en Europe.

Catherine da Silva

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Derniers commentaires

  1. Et pourtant il y a aujourd’hui suffisamment d’études scientifique qui montrent l’intérêt de cultiver autrement. Chaque lieu, chaque agriculteur ayant fait un autre choix de culture en respectant la nature montrent qu’il est possible et urgent de changer de pratique. Il est indispensable de se rencontrer, d’échanger et de faire évoluer, ensemble, nos modes de productions maraichères et agricoles. Canop’Terre est un lieu d’échange de savoir, vous êtes les bienvenus. http://www.canopterre.fr