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WWF : “la mer Méditerranée victime de trop fortes pressions économiques”

Dans son étude intitulée “MedTrends” publiée le mardi 19 janvier, l’ONG WWF tire la sonnette d’alarme quant à l’état de santé de la mer Méditerranée : cette mer semi-fermée, bordée par les eaux territoriales de 8 pays européens, est indubitablement “sur le chemin du burn-out”. Tourisme, transport maritime, exploitation d’hydrocarbures… Zoom sur un développement économique tout azimut qui met en danger une faune et une flore déjà fragiles.

Un développement économique incontrôlé…

La mer Méditerranée représente 0,8% de la surface océanique mondiale. Un chiffre qui n’est guère impressionnant mais qui est à mettre en lien avec un autre fait : la Méditerranée abrite entre 8 et 9% de la biodiversité marine (soit entre 10 et 12.000 espèces différentes) et son domaine continental représente 10% de la biodiversité mondiale (notamment 20.000 plantes).

Au mois de novembre dernier, la WWF alertait déjà l’opinion publique sur les nombreuses pressions qui pesaient sur le riche écosystème du bassin méditerranéen. Des pressions à mettre, selon l’ONG, sur le compte du développement économique exponentiel que connait depuis une vingtaine d’années cette mer intercontinentale que se partagent l’Europe, l’Afrique et l’Asie.

La WWF dénonce en premier lieu les contrats d’exploitation pétrolière et gazière (exploration d’hydrocarbures, forages…) qui se multiplient sur l’ensemble de la Méditerranée depuis plusieurs années : les réserves méditerranéennes de pétrole représenteraient 4,6% des réserves à l’échelle de la planète.

Résultat, “le développement du nombre de contrats hydrocarbures offshore est très rapide. 40% de la Méditerranée sont potentiellement ouverts à l’exploration d’hydrocarbures. C’est énorme, surtout lorsque l’on connaît les risques sismiques de la région”, explique Pascal Canfin, Directeur général du WWF France.

… pour une mer proche du burn-out

Le rapport de l’ONG fustige également les autres secteurs traditionnels de l’économie maritime comme le transport, le tourisme ou l’aquaculture qui devraient “poursuivre leur croissance au cours des 20 prochaines années, à l’exception de la pêche professionnelle”. “Des conflits verront probablement le jour entre le développement des projets d’exploration et d’extraction d’hydrocarbures et le développement touristique, comme c’est le cas actuellement en Croatie ou aux Baléares par exemple”, prévient la WWF.

Le développement du tourisme devrait en effet entrainer une hausse de la fréquentation des côtes méditerranéenne. Selon les estimations, les arrivées de touristes devraient en effet augmenter de 60% entre 2015 et 2030. Pour finalement dépasser la barre des 500 millions de personnes en 2030. Un phénomène qui devrait faire doubler le transport maritime en 15 ans et entrainer d’ici une dizaine d’années l’artificialisation de 5.000 kilomètres de littoral supplémentaires (construction de résidence, de routes…).

“La Méditerranée est sur le chemin du burn-out. Aujourd’hui, la multiplication et la croissance des activités économiques sur cette zone s’apparentent à un véritable Far West. Nous ne pourrons éviter l’implosion, soutenir nos économies nationales et promouvoir une économie bleue qu’à travers une gestion intégrée de l’espace marin”, estime M. Canfin.

Pour atteindre le retour au “bon état écologique” des eaux marines européennes, objectif que s’est fixé l’Union Européenne à l’horizon 2020, le rapport de la WWF suggère la création d’aires maritimes protégées au-delà des eaux territoriales ainsi que la régulation du trafic maritime et la mise en place de dispositifs anticollision pour les cétacés.

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