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Des piqures d’abeilles pour sauver les éléphants, un peu douloureux mais efficace

/ Afrique

Si la petite bête ne mangera pas la grosse, c’est entendu, elle peut en revanche l’effrayer.  Le cas des abeilles et des pachydermes africains le prouve. Des expériences menées dans différents pays du continent, faisant appel à des abeilles, ont ainsi pour objectif de réduire les conflits entre les humains et les éléphants.

Suite à la hausse de la population et à l’extension des terres agricoles, les éléphants se retrouvent malgré eux au sein de zones d’activité humaine, pour manger ou encore lors de leur migration. Les hommes réagissent alors souvent par des coups de feu pour les effrayer, ce qui rend les bêtes violentes et engendre ainsi des morts chez l’homme comme l’animal.

L’ONG Silent Heroes Foundation qui protège la faune sauvage en Afrique a lancé un projet-pilote d’une durée d’un an, en Tanzanie. Ce projet consiste à installer des « murs d’abeilles » autour des cultures, ce qui protègerait les champs et permettrait une cohabitation entre l’homme et l’animal. La ferme où le projet est lancé se trouve au sud-est du parc national du Serengeti, dans l’aire protégée du cratère de Ngorongoro.

Plusieurs ruches sont installées sur des arbres ou des piquets tous les dix mètres, autour du terrain et elles sont reliées par des fils. Lorsqu’un pachyderme tente de franchir la barrière, il fait trembler les ruches, ce qui évidemment, énerve les abeilles. Le son de l’insecte, provoque tout d’abord chez le mammifère un cri d’alerte pour ses congénères, puis une fuite.

Hayley Adams, co-fondatrice de Silent Heroes et vétérinaire américaine, qui a obtenu fin décembre une subvention de la fondation américaine Ian Somerhalder de 6000 dollars, explique que lorsque les abeilles agressent les éléphants, elles attaquent les yeux, la trompe ou derrière la peau des oreilles, ce qui leur est très douloureux. Ainsi ceux qui ont été piqués conservent la mémoire de cet événement, et cherchent donc à l’éviter.

Selon la vétérinaire ce type d’approche permet aux habitants de vivre en paix avec ces mammifères. Il  reste encore à résoudre la crise du braconnage pour leur défense, ajoute-t-elle.

En plus de résoudre le problème de l’invasion des éléphants dans leurs cultures, les ruches coûtent moins cher aux paysans que les clôtures électriques, leur installation va d’un montant proche de zéro pour des ruches traditionnelles et peut monter jusqu’à 65 dollars pour les ruches les plus élaborées. Cependant, il ne faut pas oublier non plus que les ruches peuvent aussi être une autre source de revenus pour les fermiers, grâce au miel.

Cette technique est utilisée dans d’autres pays africains tels que le Botswana, le Kenya, le Mozambique ou encore l’Ouganda. C’est Lucy King qui l’a mise au point. Elle travaille au sein du département de zoologie de l’université d’Oxford, qui lutte avec l’ONG Save the elephants pour la protection de ce mammifère. Elle est née en Afrique et a pratiqué ses recherches aux Kenya. Ses travaux ont démontré que plus de 90% des pachydermes fuyaient quand le bourdonnement des abeilles leurs parvenait. En 2011, pour ses travaux, elle a reçu le prix de la thèse du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

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