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Désastre du Rio Doce : Samarco dans le viseur de la justice

Le 5 novembre 2015, deux barrages miniers cèdent à proximité de la ville de Mariana, dans le sud-est du Brésil. L’accident provoque une importante avalanche de boue toxique qui fait notamment une vingtaine de morts et contamine le fleuve Rio Doce. Aujourd’hui, un peu plus de 3 mois après cette catastrophe écologique et sociale sans précédent, le gouvernement brésilien réclame 20 milliards de reais (soit 4,45 milliards d’euros) à la société Samarco.

Samarco est une compagnie d’exploitation minière détenue à part égale par le groupe brésilien Vale et la société australienne BHP Billiton. Elle est propriétaire du site sur lequel, le 5 novembre dernier dans l’État de Minas Gerais, deux barrages en remblai cassent, entrainant une gigantesque coulée de 60 millions de tonnes de déchets de minerai de fer.

Cette coulée de boue entrainera la destruction du village de Bento Rodrigues, provoquera la mort d’une vingtaine de personnes (tout autant sont encore aujourd’hui portées disparues) et se propagera sur plus de 650 kilomètres via la rivière Rio Gualaxo do Norte. En quelques jours, plusieurs dizaines de milliers de personnes se voient privées de leur emploi, alors que la catastrophe entraine la mort par asphyxie de plusieurs millions de poissons.

Le groupe Samarco est aujourd’hui considéré comme responsable de ce désastreux bilan en raison du laxisme dont il aurait fait preuve : le groupe minier aurait en effet été averti dès 2014 de diverses failles dans la structure des deux barrages qui ont provoqué la catastrophe.

Joaquim Pimenta de Avila, un consultant qui a travaillé pour le groupe minier l’année précédant le drame, affirme en effet avoir informé les responsables de Samarco à propos des risques de ruptures que présentaient les deux barrages. Jusqu’à présent l’entreprise nie ces accusations.

Si aucune preuve n’étaye donc les faits, la société fait l’objet de poursuites pénales pour négligence coupable. Une dizaine d’employés sont poursuivis pour crime environnemental alors que certains membres de la direction pourraient être inculpés pour homicide. Dans cette triste affaire, la justice a pour principale tâche de déterminer quel degré de responsabilité est à mettre sur le compte du groupe minier.

Les autorités brésiliennes réclament désormais 20 milliards de reais à Samarco. Une somme conséquente que le gouvernement de Dilma Rousseff utilisera pour réparer le préjudice environnemental et dédommager les personnes lésées par la catastrophe. Pour l’heure, l’entreprise n’est engagée à verser que 2 milliards de reais.

Un accord entre le Brésil et le groupe minier pourrait cependant être trouvé d’ici la fin du mois de février. De plus, une enquête est actuellement en cours pour déterminer la ou les causes exactes de la rupture des deux barrages. Les résultats pourraient n’être disponibles qu’entre 6 mois et un an.

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