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Un mix énergétique mondial entre renouvelables et nucléaire

Si les énergies renouvelables sont appelées à jouer un rôle fondamental dans le futur mix énergétique mondial, le nucléaire va accompagner leur développement, notamment dans les pays en voie de développement.

Ségolène Royal, la ministre de l’Energie, l’a très récemment réaffirmé : la France est favorable à une extension de la durée de vie des centrales nucléaires tricolores. L’Hexagone se place ainsi au même rang que les Etats-Unis et le Royaume-Uni, par exemple, qui envisagent de prolonger leurs installation nucléaires. Fin 2015, l’Egypte signait avec la Russie un accord pour la construction de la première centrale nucléaire du pays ; en janvier dernier, lors de la visite présidentielle de François Hollande, c’est l’Inde qui signait avec la France un contrat pour la construction de réacteurs de nouvelle génération. D’où vient cet engouement pour l’atome alors que l’avenir énergétique mondial réside assurément dans le renouvelable ?

Les renouvelables pour retrouver la croissance

L’accord de Paris, adopté au mois de décembre 2015 à l’issue d’intenses négociations internationales dans le cadre de la COP21, a entériné un objectif très ambitieux : contenir, d’ici la fin du siècle, le réchauffement climatique « bien en deçà de 2°C » par rapport à l’ère pré-industrielle. L’objectif ? Limiter les dérèglements climatiques – sécheresses, inondations, vagues de chaleur, fonte des glaciers, etc. – causés par l’activité humaine.

Pour ce faire, les 195 pays qui ont pris part aux négociations se sont engagés, à des degrés divers et selon des modalités variables, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Dans les années et les décennies à venir, c’est donc une véritable révolution écologique qui devra s’opérer à travers un abandon progressif des ressources fossiles (pétrole, charbon, gaz), aujourd’hui dominantes dans le secteur de la production énergétique mondiale. De manière concomitante, les énergies renouvelables devraient connaître un formidable essor, tout comme les dispositifs visant à protéger les forêts ou à effectuer d’importantes économies d’énergie.

Plusieurs données viennent confirmer le bien-fondé de ces mesures. La major pétrolière ExxonMobil estime ainsi que l’empreinte carbone de l’économie mondiale devrait être divisée par deux à l’horizon 2040. L’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA) estime quant à elle que le développement des énergies renouvelables aura un impact positif en termes macroéconomiques : plus d’emplois (24 millions de postes créés à l’échelle mondiale d’ici 2030) et plus de croissance (1.300 milliards de dollars, soit 1,1 %).

L’essor du nucléaire mondial porté par la Chine essentiellement

Mais dans ce contexte, qui voit l’économie mondiale se réorienter vers un modèle bas carbone, une autre source de production énergétique pourrait bien tirer son épingle du jeu : le nucléaire. Dans un rapport publié en amont de la COP21, fin 2014, l’Agence internationale de l’énergie estimait en effet que le parc nucléaire mondial devrait croître de 60 % d’ici 2040. Et cette croissance devrait être tirée, principalement, par des pays émergents et en voie de développement qui, en Asie et en Afrique notamment, sont confrontés à une forte poussée démographique et à la nécessité d’alimenter l’activité et la croissance économiques.

Ainsi, la Chine devrait installer 45 % des nouvelles capacités nucléaires à l’échelle mondiale. Sur le marché de l’atome, l’Empire du Milieu est suivi par l’Inde, la Russie et l’Afrique du Sud. Dans ces pays, le nucléaire présente une alternative intéressante pour produire de l’électricité en grandes quantités et sans émettre de gaz à effet de serre, limitant de facto leur dépendance aux hydrocarbures importés. Si l’Europe semble emprunter une voie différente, dans le sillage de l’Allemagne, le cas français fait à la fois figure d’exception et de modèle : avec moins de 30 kilos de CO2 par MWh produit, grâce à un parc nucléaire prédominant, EDF figure parmi les électriciens les moins pollueurs à l’échelle mondiale.

Historique, universel et contraignant, l’accord adopté à Paris dans le cadre de la COP21 entrera en vigueur en 2020. D’ici là, nul ne doute qu’une profonde réflexion sera menée sur le rôle et le poids du nucléaire qui, aux côtés des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, hydroélectricité, géothermie, biomasse), devra contribuer à une véritable transition énergétique mondiale.

 

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