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Le marché prometteur du démantèlement des centrales nucléaires

Les centrales nucléaires, comme toute activité industrielle, ne sont pas éternelles, et la question du devenir des installations, une fois la production arrêtée, se fait de plus en plus pressante. Si l’on parle aujourd’hui de prolonger d’une voire de deux décennies leur durée de vie pour accompagner la transition énergétique en cours, il convient en parallèle de développer les techniques de démantèlement permettant d’éliminer du paysage les installations arrêtées et d’envisager un nouvel usage des sites. Un secteur dans lequel le groupe français EDF, propriétaire des 19 centrales que compte l’Hexagone, se positionne depuis plusieurs années déjà et nourrit de grandes ambitions à l’international. 

Si les centrales nucléaires créent de l’emploi durant leur construction et exploitation, avec des pics d’activité pour la maintenance, elles peuvent, avec des effectifs certes beaucoup moindres, également être moteur de croissance durant leur phase de déconstruction – et demeurer une filière industrielle dynamique. Plusieurs installations nucléaires, de recherche et de production d’électricité, ont déjà été déconstruites dans le monde. L’expérience acquise durant ces opérations a permis le développement de nouveaux métiers d’ingénierie et de techniques innovantes pouvant trouver des applications au-delà du nucléaire.

Leader du secteur en Europe

Comme l’explique Robert Lallement, ancien directeur de la gestion des déchets et de l’assainissement au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), « l’expérience du démantèlement s’appuie maintenant sur plus de cinquante ans d’activité, ce qui permet d’affirmer que l’on sait démanteler, que le volume des déchets créés par les opérations de démantèlement n’est pas exorbitant, et que les coûts des opérations sont raisonnablement connus et ne grèvent pas le coût du kilowattheure électrique ». On évalue le coût du démantèlement d’une installation nucléaire autour de 15 % de son coût de construction et son financement est garanti par l’exploitant, qui doit mettre de côtés dans ses comptes les sommes nécessaires.

Avec neuf centrales nucléaires en déconstruction en France, représentatives de quatre technologies différentes, l’énergéticien EDF dispose d’ores et déjà d’un savoir-faire spécifique dans le domaine. Et il entend en faire un atout pour son développement international. Le marché lié à la déconstruction et à la gestion des déchets en Europe est en effet source de nombreuses opportunités pour l’avenir. Il est estimé, selon un récent rapport de la Commission européenne, à 250 milliards d’euros d’ici à 2050, et le nombre de réacteurs mis à l’arrêt devrait être multiplié par 4 entre 2015 et 2030, générant ainsi notamment des volumes importants de déchets métalliques. Car savoir déconstruire, c’est aussi savoir gérer les déchets radioactifs que cela génère.

Des usines pour traiter les déchets

Leader de la production nucléaire en Europe, le groupe français entend conserver sa position dominante dans toutes les activités concernant l’après-production et commence progressivement à se positionner sur ce marché en devenir. S’appuyant déjà sur sa filiale Socodei, spécialisée dans la réduction du volume et la valorisation de certains déchets métalliques, EDF souhaite désormais s’imposer comme une référence du secteur à l’échelle européenne. L’électricien français vient pour cela de signer un accord avec le groupe suédois Studsvik sur les activités de déconstruction de centrales nucléaires et de gestion des déchets radioactifs. Il fait ainsi l’acquisition de deux installations de traitement des déchets de Studsvik, basées en Suède et en Grande-Bretagne, et regroupant plus de 100 salariés dans les activités de traitement des déchets par recyclage des métaux, incinération et pyrolyse. L’électricien français complète ainsi son activité dans le traitement des déchets faiblement radioactifs en renforçant ses capacités existantes portées par Socodei.

Pour rappel, Socodei s’est vu confier par EDF la mission de concevoir, financer, construire et exploiter des installations de traitement des déchets radioactifs, et de proposer des solutions de traitement pour une large variété de déchets industriels, adaptées aux exigences d’aujourd’hui et respectueuses de l’environnement. Dans son usine Centraco, dans le Gard, Socodei est autorisée à traiter les déchets faiblement radioactifs de producteurs étrangers, dans des conditions de sûreté identiques à celles applicables au traitement des déchets français.

Comme le souligne Sylvain Granger, directeur des projets déconstruction et déchets d’EDF, par cette acquisition, « EDF sera en capacité d’offrir une large gamme de services en matière de gestion des déchets et de déconstruction de centrales nucléaires. Le Groupe pourra ainsi renforcer sa présence en Europe sur ce marché en croissance ».

 

Crédits photo : FRED TANNEAU/AFP

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