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Gaspillage alimentaire : 10 millions de tonnes par an à la poubelle

France / / Europe

En France, chaque année, ce sont 10 millions de tonnes de nourriture qui sont gaspillées. Un chiffre exorbitant qui a un impact sur l’économie du pays. Le coût du gaspillage a été évalué à 16 milliards d’euros par an, d’après une étude menée par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe).


Les chiffres annoncés dans une étude inédite de l’Ademe sur le gaspillage ont de quoi faire tomber à la renverse. Tous les ans, 10 millions de tonnes de déchets alimentaires humains sont mis au rebut, alors qu’elles pourraient être utilisées pour nourrir les animaux, faire du compost ou encore produire de l’énergie, grâce à la méthanisation. Cela représente l’équivalent d’un an de repas pour 10 millions de personnes. Si l’on considère le prix de la marchandise perdue, cela représenterait 16 milliards d’euros. Pour comparer, le Fond européen d’aide alimentaire ne représente que 4 milliards d’euros pour 7 ans et pour 28 pays.

L’impact carbone de ce gaspillage est de 15,3 millions de tonnes de CO2, soit 3% des émissions de CO2 de l’activité de la France.

Chacun peut se pointer du doigt

L’Ademe assure que chacun est responsable de ces chiffres. Si l’on observe la chaine alimentaire, 32% de la nourriture est gaspillée au moment de la production, 21% lors de la transformation, 14% à la distribution et 33% au moment de la consommation.

En ce qui concerne les acteurs production/distribution/consommation, le gaspillage ne semble pas leur couter assez cher, avance Pierre Galio, l’un des auteurs de l’étude. Pour lui, il est plus intéressant financièrement de produire en masse à qualité moindre que de travailler sur la qualité pour réduire le gaspillage.

Quelles solutions ?

L’Ademe a répertorié les bonnes pratiques qui pourraient faire pencher la balance. En ce qui concerne la production, il faut mettre en valeur les circuits courts et de proximité en complément des circuits longs. À l’étape de la transformation, il faut mettre en place des modèles mathématiques de prévision de vente afin de limiter la surproduction. Mais aussi, modifier les cahiers des charges avec les distributeurs afin de conserver les fruits et légumes qui aujourd’hui n’ont pas la forme ou le calibre appropriés.

Du côté de la distribution, il faudrait mettre en place des actions anti-gaspillages, en réhabilitant les légumes « moches », la création du panier à compote ou confiture, la mise en place des zones date courte. Mais aussi effectuer des dons à des associations caritatives. Quant à la consommation, il faudrait que les acteurs publics rationalisent les dépenses dans les cantines. L’Ademe propose de sensibiliser les foyers au gaspillage ainsi qu’aux moyens de conservation. Elle propose même la création de soirées cuisine de surplus ou d’invendus saupoudrées de musique et de fête.

 

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