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La croissance verte, nouveau pilier du développement africain

/ Afrique

Les énergies renouvelables, nouveau moteur de la croissance économique en Afrique ? Garanties d’un retour sur investissement sur le long terme, elles assurent diversification économique et indépendance énergétique tout en respectant l’environnement. Un pari gagnant.

Croissance « verte » : pourquoi faire ?

Trop souvent réduite à la richesse de ses sols en matières premières, dont l’exploitation bénéficie à de grandes multinationales basées dans des pays occidentaux au détriment des populations locales, l’économie africaine peine à se diversifier et repose sur des modèles de rente. Ce manque de diversité a mené nombre de pays à connaître des difficultés importantes depuis la crise du pétrole débutée en 2014, la majeure partie de leurs recettes provenant de cette seule source de revenus. Plusieurs gouvernements se sont engagés à diversifier leurs économies pour ne plus dépendre de la conjoncture économique mondiale et s’assurer une indépendance énergétique pour le futur. Pour Charlotte Aubin-Kalaidjian, présidente la société d’investissement spécialisée dans l’énergie solaire, « le mix énergétique actuel – dépendant à 50 % des énergies fossiles – est inacceptable, surtout pour un continent qui dispose d’un potentiel de production gigantesque à partir de ressources renouvelables (solaire, éolien, hydroélectrique, biomasse, géothermie). »

Les possibilités offertes par la croissance verte sont à ce titre très prometteuses et répondent à ce double objectif de diversification économique et énergétique. Elles garantissent de plus un retour sur investissement rentable sur le très long terme dans la mesure où les ressources sur lesquelles elles reposent sont par définition inépuisables. Investisseurs étrangers comme locaux ont compris son potentiel. En 2015, pour la première fois, les investissements dans le secteur des énergies renouvelables ont été plus élevés dans les pays en développement que dans les pays développés.

Croissance verte et inclusive : l’exemple gabonais

Outre les opportunités qu’elle offre pour sortir des économies de rente, notamment pétrolières, la croissance fondée sur les énergies vertes est un puissant levier de développement économique et social. Ses retombées économiques bénéficient aux populations locales et ne vont plus dans les poches des multinationales qui extraient les matières premières en Afrique pour les transformer sur un autre continent. Le Gabon, longtemps engluée dans une économie de rente pétrolière, a amorcé un tournant vert dès 2009. Aujourd’hui, Maixent Accrombessi, directeur de cabinet du président de la République du Gabon, dresse le bilan d’une expérience jusque-là inédite sur le continent.

« Les progrès socio-économiques enregistrés par le Gabon au cours de ces cinq dernières années plaident définitivement en faveur d’une croissance verte et durable. L’expérience gabonaise en la matière constitue une rupture qui doit servir d’inspiration aux pays africains, dont les économies sont trop souvent exclusivement adossées sur les industries extractives, et également, j’en suis convaincu, aux pays développés qui réfléchissent actuellement aux modalités de mise en œuvre d’une transition énergétique économiquement vertueuse. »

Un modèle en phase avec les engagements de la COP

C’est en Afrique que le 22ème sommet de la conférence mondiale sur le climat, la COP 22, se tiendra en novembre prochain. Marrakech est actuellement en pleine ébullition pour prendre la suite de Paris et être à la hauteur des enjeux : ce sera le premier sommet depuis l’accord historique trouvé entre les parties pour contenir le réchauffement climatique sous 2°C. Le choix d’ancrer cet événement en Afrique montre l’importance que prend le continent dans la transition énergétique. Riche de paysages variés et composites et d’une biodiversité incroyable, l’Afrique peut encore faire figure de poumon du monde – à condition de lutter contre la déforestation.

« Les trois quarts de la production du bois africain partent vers l’Asie par le biais de près de trois cents entreprises, qui génèrent un chiffre d’affaires annuel estimé à 6 milliards de dollars, déplore Maixent Accrombessi. À l’image de Madagascar, qui a perdu 80 % de sa surface forestière en un siècle, 9 millions d’hectares de forêts ont ainsi disparu en Afrique entre 2000 et 2013, une quantité trop importante pour être légale. » Un nouvel air souffle pour introduire des politiques publiques de réhabilitation et de préservation des bois et forêts. La croissance verte, c’est ça : trouver un nouveau modèle économique durable, inclusif et respectueux de l’environnement. De quoi assurer une révolution énergétique propre au service des populations locales.

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