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La France surfe sur la vague de l’énergie hydrolienne

Depuis près d’un an, l’énergie hydrolienne connaît un essor sans précédent en France, où son déploiement propre et à fort potentiel s’organise en mer comme en eau douce.

Récupérer l’énergie des courants sous-marins pour la transformer en électricité, c’est le principe de l’énergie hydrolienne (contraction d’hydraulique et éolien), qui fonctionne à partir d’une hélice installée sous l’eau. Le potentiel exploitable de cette forme d’énergie renouvelable est considérable : 15 GW pour l’Europe, dont 3 GW rien que pour la France. Soit une production estimée entre 20 et 30 TWh par an, qui correspond à la consommation de 6 à 8 millions d’habitants. Dans l’Hexagone, la première hydrolienne raccordée au réseau électrique français a été installée à 55 mètres de fond au large de l’île d’Ouessant (Finistère). Opérationnelle depuis septembre 2015, elle fournit 15 % de l’électricité de l’île et a ouvert la voie à de nombreux autres projets dans le domaine.

Après l’installation le 20 janvier 2016 d’une première hydrolienne à 40 mètres de profondeur au large de Ploubazlanec (Côtes-d’Armor), un deuxième modèle a été déposé non loin de là le 29 mai. Développée par OpenHydro, filiale du groupe industriel DCNS, cette turbine de 16 mètres de diamètre, reliée à un convertisseur sous-marin fabriqué par General Electric, transforme l’énergie des courants sous-marins en courant continu. Raccordées au réseau EDF dès cet été sur le site de Paimpol-Bréhat, les deux hydroliennes formeront le premier parc hydrolien au monde relié au réseau national de distribution. Et l’implantation d’une troisième hydrolienne au même endroit est déjà à l’étude par l’entreprise grenobloise Hydroquest, spécialisée dans les hydroliennes fluviales.

Hydroliennes de mers, de fleuves et d’estuaires

En partenariat avec EDF, la start-up iséroise a déjà installé des prototypes dans les eaux de la Loire, près d’Orléans, ainsi qu’en Guyane, où elle fournit l’électricité de la commune de Camopi. Moins importante (40 KW pour l’hydrolienne d’Orléans), l’énergie produite en fleuve a néanmoins l’avantage d’alimenter des lieux plus difficiles d’accès. Si les essais sont concluants, Hydroquest prévoit de fabriquer entre 300 et 500 hydroliennes fluviales par an.

Dans le Morbihan, un nouveau type d’hydrolienne est en cours d’expérimentation par l’entreprise brestoise Guinard Énergies. Pesant 135 tonnes, Méga Watt Blue devrait être immergée en 2017 au fond de la rivière d’Etel, face au chantier naval de Bretagne Sud où elle est fabriquée. « Méga Watt Blue est une hydrolienne de seconde génération, conçue pour une immersion en zone protégée comme le milieu fluvial ou estuarien, explique Vincent Mariette, directeur de Guinard Énergies. Huit années de recherches ont été nécessaires pour développer ce projet. » L’imposante machine prévoit de doubler la puissance des flux captés grâce à sa tuyère pivotante, qui lui permet d’accélérer le courant de 30 % et qui s’adapte aux variations de direction pendant les marées. Pour étudier son efficacité, un prototype miniature est testé depuis le 5 juillet dans les courants de la ria d’Etel, sous 10 mètres d’eau à marée basse.

14 MW de puissance hydrolienne à Cherbourg en 2018

Pionnière dans le développement de l’énergie hydrolienne, la France a choisi les groupes DCNS et EDF pour déployer, d’ici 2018, 14 MW de puissance hydrolienne (7 turbines de 2 MW) au large de Cherbourg (Manche). Détenu à 35 % par Thales et à 64 % par l’État français, DCNS travaille sur des projets hydroliens en France, en Écosse, en Irlande du Nord et au Canada, où un projet de parc hydrolien devrait alimenter plus de 1000 habitants de Nouvelle-Écosse. « Nous espérons un milliard d’euros de chiffre d’affaires dans l’hydrolien dans dix ans, a déclaré Thierry Kalanquin, directeur des infrastructures énergétiques et marines du groupe DCNS, à Ouest-France. Nous visons 20% à 25% de parts de marché. »

Dans un an, une usine de fabrication d’hydroliennes devrait ainsi voir le jour à Cherbourg, qui a été choisi pour sa proximité avec le Raz Blanchard, un des plus forts courants marins. « C’est un site important pour l’hydrolien car l’énergie produite représente l’activité de 4 EPR, soit 6 MW », explique Thierry Kalanquin. Le directeur d’OpenHydro compte faire de Cherbourg « le centre du monde hydrolien » et y fabriquer « toutes les hydroliennes françaises et une partie des hydroliennes européennes. » « D’ici 2022, il pourrait y avoir 150 turbines créées pour les fermes hydroliennes françaises et autant sur l’île d’Aurigny, entre Cherbourg et l’Angleterre, reprend-il. Mais avant, nous allons démontrer, grâce à la ferme pilote cherbourgeoise, que l’hydrolien n’a pas d’impact négatif sur l’environnement sous-marin. » Histoire de ne pas gaspiller l’énergie de plusieurs années de recherche…

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