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En Guinée, l’exploitation de la bauxite par la Chine donne un cocktail explosif

La COP22 qui va s’ouvrir à Marrakech le 7 novembre 2016 verra-t-elle la mise en pratique des bonnes intentions des Etats africains en matière de lutte contre le changement climatique ? C’est une des principales interrogations de ce nouveau sommet, après le très médiatique et « historique » rendez-vous de Paris fin 2015. L’enjeu est en effet de taille car les énergies renouvelables pourraient transformer le visage de nombreux pays trop souvent dépendants de l’exploitation de matières premières.

Quand aura lieu le décollage économique de l’Afrique ? Cette question tant de fois posée n’a malheureusement trouvé aucune réponse sur le terrain. Les promesses se suivent et laissent finalement un goût amer même lorsque sur le papier la croissance économique perce. Les richesses ne sont pas redistribuées convenablement et l’exploitation de ressources naturelles (mais non renouvelables) – qui est devenue une spécialité dans plusieurs dizaines de pays africains – n’a pas permis de sortir de l’extrême pauvreté dans laquelle sont enfoncées les populations.

Préoccupation environnementale

Le développement des énergies renouvelables est-il la solution attendue depuis plusieurs décennies ? Cela se pourrait bien car le potentiel est immense et ne souffre d’aucune retombée négative comme cela est parfois le cas avec l’extraction de matières premières. Un exemple parmi tant d’autres qui touche un pays africain : la bauxite. Matériau extrait du sous-sol pour fabriquer notamment de l’aluminium, la bauxite a longtemps été perçue comme un moyen de développer les régions qui en sont riches et d’accélérer la croissance économique. Sauf que son exploitation peut être synonyme de pollution grave si l’on s’adresse à un donneur d’ordre peu scrupuleux : la Chine.

Plus grand pays exploiteur chez elle, mais aussi à l’étranger, la Chine semble faire fi des normes les plus élémentaires en termes environnementaux. L’exploitation de la bauxite en est une saisissante illustration alors que ce minerai peut être prélevé sans endommager l’environnement ; le résultat des activités chinoises à l’étranger, pourtant, est alarmant. En Afrique, c’est principalement la Guinée Conakry qui souffre sur le plan environnemental, quand bien même elle a promis à l’occasion de la COP21 de faire des efforts substantiels dans ce domaine. Une promesse également faite par la Chine lors de cette même Conférence… La volonté d’assurer un environnement propice à un sain développement des populations se retrouve mise en échec par une réalité économique très pernicieuse. La menace d’une croissance négative laisse grande ouverte la porte à des investisseurs chinois dont les préoccupations environnementales tendent vers zéro.

Transition vers les renouvelables

La bauxite sent-elle à ce point le souffre ? L’exploitation de cette ressource est généralement très bien encadrée afin d’éviter les dégâts environnementaux. Pourtant, une fois les contrats commerciaux signés, les entreprises chinoises ont tendance à exploiter en toute illégalité en cachant jusqu’à l’heure de leur départ l’étendue des dommages. La signature en mars 2015 d’un contrat entre la Guinée et la société China Hongqiao Group sonne alors comme une menace : si 200 millions de dollars ont été mis sur la table, l’objectif est d’extraire 10 millions de tonnes de bauxite coûte que coûte.

Les autorités guinéennes sont pressées de signer des contrats pour s’assurer des revenus confortables et faire du pays « l’Arabie saoudite » de la bauxite. Avec une prévision de plus de 22 millions de tonnes extraites en 2018, la Guinée peut devenir le nouvel eldorado de ce matériau à condition que les règles élémentaires de sauvegarde de l’environnement soient respectées.

Le contrepied guinéen en matière de développement durable est aussi grand qu’inquiétant à l’heure où les experts montrent que le potentiel des énergies renouvelables doit permettre un essor économique respectueux de l’environnement. La Guinée, à l’image de nombreuses régions africaines, peut développer des réseaux photovoltaïques dont le coût ne cesse de baisser. L’éolien, les énergies marines et la géothermie constituent autant de sources secondaires naturelles et renouvelables à exploiter. Pourtant les investissements publics ne sont pas encore à la hauteur et la logique du marché et des rendements à très court terme que privilégie l’arrivée d’investisseurs peu scrupuleux reste la norme. Gare aux conséquences sur l’environnement !

 

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