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Green et vert

Bâtiment : les nouveaux métiers du bas carbone

Dans le cadre d’un dossier consacré à la nouvelle Réglementation environnementale (RE2018) qui se profile, Green et vert vous aide à y voir plus clair. D’où vient cet engouement pour la construction de bâtiments à énergie positive ? En quoi le secteur du bâtiment se retrouve directement impacté par les différentes réglementations ? Comment amener le particulier à voir son logement différemment ? Toutes les réponses dans notre dossier.

 

À l’image de l’instauration de la RE2018 d’ici 2020, les politiques environnementales imposent aux professions du bâtiment se s’adapter constamment aux nouvelles réglementations. De nouveaux métiers voient d’ailleurs le jour, même si des progrès restent à accomplir en matière d’accès aux connaissances.

Des professionnels du bâtiment mal informés

Lourdes en conséquences sur l’activité du bâtiment, les nouvelles règles en matière de construction et de rénovation intéressent logiquement l’immense majorité des professionnels. D’après une enquête menée par Batiactu auprès de 516 professionnels du bâtiment en février 2017, 90 % d’entre eux souhaiteraient recevoir des informations sur le sujet. Et pour cause : le secteur souffre d’un manque criant de connaissances concernant les dernières mesures applicables. Parmi les maîtres d’ouvrage, 82 % de ceux évoluant dans le secteur public et 75 % du privé déclarent ne pas connaître les grandes lignes de la future réglementation énergétique, tout comme 81 % des architectes ainsi que 68 % des promoteurs et constructeurs. En comparaison, ils seraient 74 % à affirmer maîtriser la Réglementation thermique 2012 (RT2012), tous métiers confondus.

De même, le nouveau label énergie-carbone E+C- serait, lui aussi, largement méconnu des acteurs du bâtiment. Les maîtres d’ouvrage seraient 91 % (public) et 82 % (privé) à manquer d’informations à ce sujet, comme 77 % des promoteurs et des constructeurs, ainsi que 87 % des architectes. Les enjeux sont pourtant colossaux : en 2015, la filière bâtiment pesait la bagatelle de 124 milliards d’euros HT de travaux en France, faisant vivre plus d’1,4 million d’actifs au sein de près de 400 000 entreprises.

Des réglementations qui se succèdent et se durcissent

Depuis 1974, les normes réglementaires ont beaucoup évolué dans un secteur où les économies d’énergie se traduisent non seulement par un moindre coût pour le porte-monnaie, mais désormais aussi pour l’environnement. En quatre décennies, pas moins de six versions de la réglementation thermique ont été instaurées pour réduire la dépense énergétique des bâtiments, qui comprend depuis la RT2012 un volet sur les énergies renouvelables. Pour les professionnels, le niveau d’exigence s’élève donc régulièrement, provoquant une inévitable transformation des métiers. Patrick Vandromme, président de l’organisation LCA-FFB (qui regroupe Les Constructeurs et Aménageurs de la Fédération Française du Bâtiment) n’a qu’une demande en la matière : « c’est qu’on nous laisse respirer. Arrêtons les normes : nous sommes désormais en chemin vers la RE2018, nous irons vers la RT2020, mais les règles se succèdent et se superposent. » Pas sûr que son appel soit entendu !

Avec l’instauration en 2005 d’un coefficient (2,58) pénalisant les énergies secondaires (électricité) par rapport aux sources d’énergies primaires (fossiles et renouvelables), puis d’une limite de la consommation d’énergie finale à 50 kWh/m2/an à partir de 2012, les corps de métiers se sont progressivement diversifiés. Le but étant de répondre à la complexification du secteur, notamment avec l’essor du marché de la rénovation. La RE2018, qui imposera une production d’énergie supérieure à la consommation, devrait accentuer encore la tendance.

Nouveaux métiers : de l’architecte bioclimatique au BIM manager

Ces dernières années en France, plusieurs professions ont dû réinventer leur métier ou ont vu le jour pour coller à ces nouvelles exigences. Par exemple, celle d’ingénieur en efficacité énergétique, qui travaille main dans la main avec les maîtres d’ouvrage afin de diminuer la consommation d’énergie et de favoriser l’intégration des énergies renouvelables. Plus en amont, l’architecte bioclimatique a, quant à lui, pour mission de concevoir des bâtiments présentant le meilleur équilibre possible avec le climat dans le but d’utiliser au mieux les ressources naturelles. Les maisons passives, solaires et autres édifices à énergie positive sont autant de constructions relevant de sa compétence. Ce dernier dispose d’une large palette de paramètres à moduler afin d’optimiser la performance énergétique et environnementale de ses réalisations : isolation thermique, dispositifs de récupération de chaleur, équipements de production d’énergie, orientation et forme du bâtiment, etc. La baisse historique des intérêts de prêts immobiliers, combinée aux différentes mesures gouvernementales pour encourager les travaux énergétiques, ont fait exploser le marché de la construction et de la rénovation, qui ne s’est jamais aussi bien porté depuis 10 ans. En 2016, le nombre de constructions a augmenté de 14,2 % et celui de logements déjà mis en chantier de 10,4 % par rapport à 2015, d’après le ministère du Logement.

Les 29 et 30 mars derniers, le BIM World de la Défense a mis en lumière le dynamisme du secteur du bâtiment, caractérisé par un recours croissant aux nouvelles technologies. La modélisation des données du bâtiment (ou BIM pour « building information modeling » en anglais) est une technique de construction rendue obligatoire cette année pour les marchés publics, qui consiste à créer des maquettes numériques permettant d’intégrer, de produire, de gérer et de visualiser les données de la future réalisation. Le diagnostic de performance énergétique devient directement simulable via le BIM, qui peut également intégrer dans le calcul les apports énergétiques des différents équipements (climatisation, chauffage, panneaux solaires, etc.) en fonction de matériaux utilisés. Avant même la reconnaissance de ce métier en France, des MOOCs proposent déjà des formations gratuites en ligne pour devenir BIM manager. Preuve que le bâtiment durable est définitivement tourné vers l’avenir.

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