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Autoconsommation: la transition énergétique en marche !

Aujourd’hui, environ 15 000 foyers consomment l’électricité qu’ils produisent eux-mêmes. Depuis la loi sur la transition énergétique, adoptée en 2015, les gestionnaires des réseaux d’électricité sont invités à accompagner le développement de l’autoproduction énergétique, qu’elle soit d’ordre individuelle (chez des particuliers) ou collective (PME, copropriétés, collectivités). Plusieurs mesures, législatives notamment, ont été prises ces derniers mois pour inciter les foyers à consommer leur propre électricité.

Développer l’autoconsommation grâce aux compteurs communicants

Seulement, pour maîtriser son énergie il faut en avoir les moyens. Enedis, le gestionnaire français de distribution d’électricité, a expérimenté en 2010 un outil unique voué à mesurer la consommation et la production de courant, au sein du foyer : le compteur communicant Linky. Le compteur Linky permet de connaître l’état du réseau et les flux qui y transitent. La gestion et la répartition des volumes d’énergie produite par les éoliennes et les panneaux solaires sont donc plus fines. Objectif de ce compteur : réduire la facture énergétique du ménage, voire l’annuler si la production personnelle est conséquente. Par ailleurs, au delà de l’attractivité de ce dispositif pour le portefeuille, l’autoconsommation permet également d’alléger les réseaux EDF puisque l’énergie est fabriquée et consommée au même endroit : à domicile. Enfin, elle donne l’occasion à chacun de participer activement à la transition énergétique. Selon le journaliste Frédéric Denhez, le compteur Linky devient « le symbole de cette décentralisation et responsabilisation du citoyen ».

L’autoconsommation en France sur les rails

En France, l’autoconsommation a le vent en poupe et le calendrier s’est accéléré ces derniers mois. Signe qui ne trompe pas : au printemps 2016, un premier colloque national consacré à l’autoconsommation d’énergie s’est tenu à Paris. En février dernier, le Parlement français a définitivement adopté un projet de loi qui vise à développer cette même autoconsommation. Comme l’explique La Croix, « Le projet de loi ratifie deux ordonnances publiées cet été qui obligent notamment les gestionnaires du réseau électrique à faciliter les opérations d’autoconsommation, donnent une définition des opérations d’autoconsommation collective, et prévoient un tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité spécifique ».

Le 9 mai, un nouvel arrêté a été publié au journal officiel. Il définit notamment un tarif d’achat et des primes pour les installations en autoconsommation. Ainsi, cette nouvelle prime est versée sur 5 ans et est dégressive chaque trimestre. Selon Mediaterre, « le propriétaire de l’installation en autoconsommation percevra 1/5ème de sa prime chaque année. » L’intérêt, pour le foyer, de développer l’autoconsommation est de réduire la demande au fournisseur d’électricité. Mais du fait du caractère « intermittent » des énergies renouvelables, et de l’impossibilité de stocker l’électricité, « la solution réside dans le principe d’essayer de consommer au moment où l’on produit », comme le souligne l’APPER (Association pour la Promotion des Energies Renouvelables).

Dans le cadre du marché photovoltaïque, et au regard de l’augmentation régulière des prix de l’électricité (16 centimes/KWh) et de la baisse du coût des panneaux solaires, fabriquer l’électricité directement chez soi devient un investissement rentable. D’après le magazine en ligne spécialisé quelleenergie.fr, « le coût de revient du kilowatt est moins cher que celui produit par EDF ». Quant au prix des modules photovoltaïques, il a été divisé par 8 en 10 ans, selon Batirama.

Surfant sur la vague écolo qui s’empare de la société, des plateformes de financement participatifs, telles qu’Akuocoop, voient également le jour. En l’occurrence, ce système permet aux particuliers d’investir via des prêts à 4% par an, dans des projets d’énergie renouvelable. Les montants générés en 2016 ont été de 83 millions d’euros dénotant un réel engouement de la part des clients ; une façon pour ces ménages d’investir dans la transition énergétique et de donner un sens à leur épargne.

Mais financer la transition énergétique représente un coût. En janvier 2017, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a décidé d’augmenter de 2,71% le tarif d’acheminement de l’électricité – payé par les consommateurs pour rémunérer la gestion du réseau par le distributeur. Selon Le Monde, cette revalorisation semble « insuffisante pour financer les investissements de la transition énergétique », notamment dans le cadre de l’autoconsommation.

Reste maintenant à savoir si, dans les mois et les années à venir, ces incitations encourageront les Français à davantage investir dans l’autoconsommation d’électricité. D’ici là, et toujours dans le cadre de la transition énergétique, un grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros pour la rénovation écologique et énergétique des bâtiments devrait bientôt voir le jour, si l’on en croit les déclarations d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. L’autoconsommation représente, plus que jamais, une étape supplémentaire de la transition énergétique.

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